Déclaration liminaire FSU au CSA MJS du 19/05/26

decla js

Contexte général

Entre le projet de loi de programmation militaire, qui menace la séparation des pouvoirs et les libertés publiques (tribune du 03/05/26), le « nouveau » projet de loi sur le travail le 1er mai qui attaque les droits des salarié·es (communiqué intersyndical du 12/05/26), les mesures contre les jeunes les plus précaires et leurs familles (tribune du 22/04/26 ), le gouvernement multiplie les provocations. Nous avons besoin de réponses aux urgences sociales telles que les salaires, le carburant, l’emploi, et pas de remises en cause des conquêtes sociales ! La FSU, syndicat de transformation sociale, se mobilise contre ces projets délétères pour la société en général et pour nos jeunesses en particulier.

S’agissant de la jeunesse, nous dénonçons la façon dont elle est actuellement stigmatisée.

  • Les jeunes des familles pauvres doivent soutenir leurs parents, mais cela se fait au prix de leur propre émancipation. En effet, lorsque des jeunes gagnent de l’argent dans le cadre de l’apprentissage ou d’emplois occupés en parallèle de leurs études (EX : durant les vacances scolaires), ces ressources des enfants sont intégrées dans la déclaration de ressources des minimas sociaux de leur famille, ce qui diminue le revenu des parents… Ils doivent alors aider leur famille en prenant en charge certaines factures, au lieu d’économiser pour prendre un appartement ou s’acheter une voiture, par exemples.
  • Les étudiants étrangers extra-communautaires vont se voir imposer des frais d’inscription à l’université, dont le montant sera multiplié par 15 voire plus, instaurant une sélection par l’argent. En effet, après avoir supprimé les aides au logement (APL) pour les étudiant·es hors UE, le gouvernement veut imposer une réduction massive de ces exonérations que pratiquaient la majorité des universités.
  • Les jeunes qui participent à des free-parties, considérés comme des phénomènes troublant l’ordre public, vont voir leurs besoins de musique et de fête plus durement réprimés, avec notamment une extension des amendes forfaitaires délictuelles (cf. projet de loi RIPOST).  Il n’est question que de stigmatisation et de répression, la chasse à la consommation de drogues est ouverte également, alors que l’efficacité des mesures répressives n’est pas avérée. La pédagogie a disparu. A-t-on oublié que Jeunesse et Sports participait autrefois à des actions de prévention portées par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDT devenue MILDECA en 2014) ? Et aujourd’hui, qu’en est-il des moyens pour faire vivre l’instruction DJEPVA de mai 2023 « jeunes et fêtes » ?

Un pouvoir qui critique sa jeunesse amène toute la société dans le mur. Il nous faut d’autres politiques pour la jeunesse !

Politiques J&S

Dans ce contexte, le Premier Ministre a annoncé de coupes budgétaires de 4 milliards d’euros pour le budget de l’Etat pour 2026 (en complément des 2 milliards en matière sociale), qu’en sera-t-il pour Jeunesse et Sports ? Quels moyens nous restera-t-il ? Et pour faire quoi ?

Le ministère J&S va-t-il continuer à nous demander de subventionner, sur nos maigres crédits, les dispositifs visant à l’acquisition des savoirs fondamentaux, alors qu’ils font partie du programme scolaire, ou encore à donner de l’argent aux établissements scolaires, sans véritable contrôle, au titre des « 2 heures de sport supplémentaires au collège » ? Va-t-on nous demander de palier la baisse de la subvention du ministère de l’Education Nationale à l’UNSS (communiqué SNEP-FSU du 13/05/26) ?

A quand une réelle politique sportive pour tous et toutes, avec un accompagnement et un soutien aux associations pour leur activité traditionnelle au bénéfice du plus grand nombre (et non vers des publics cibles) ? A quand une politique de soutien pour des formations où la qualité pédagogique prime sur la rentabilité économique ?  A quand une véritable politique d’accès aux loisirs et aux vacances, avec une visée éducative et émancipatrice ? A quand une politique de soutien aux projets des jeunes et à leurs différentes formes d’engagement ? A quand une politique pour lutter contre la précarité des jeunes et faciliter leur insertion sociale et professionnelle ?

LDG stratégiques

Nous l’avons déjà dit en groupe de travail, la FSU est opposée au principe même de « lignes directrices de gestion stratégiques ». De plus, nous avons un désaccord sur ce qu’est un bilan.

Pour la FSU, les lignes directrices de gestion stratégiques devraient avoir pour fonction de définir la stratégie de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Le bilan proposé, qui s’apparente à un récit littéraire d’autosatisfaction, ponctué d’exemples académiques complètement inconnus des agent.es, est indigent, que ce soit dans le périmètre Education Nationale ou dans le périmètre Jeunesse et Sports.

Formation des personnels J&S

L’offre de formation pour les personnels J&S est plutôt riche, même si nous dénonçons la part trop importante des formations relatives à la police administrative et aux inspections/contrôles par rapport aux formations techniques et pédagogiques pour les profs de sport CAS et les CEPJ, ainsi que le manque de formations à l’animation de collectifs de travail dans les services (dans le respect des statuts de chacun·e). Nous vous avons envoyé une contribution suite au groupe de travail du 09/04/26, dont le format et la durée se sont avérés totalement inadaptés et n’ont pas permis de traiter sérieusement le sujet. S’agissant du bilan, nous attendons avec impatience le bilan 2025/2026 qui nous sera présenté à l’automne et permettra de vérifier si nos demandes ont été prises en compte ou pas. Mais vous le savez, car nous vous avons alertés à de nombreuses reprises, à quoi bon travailler sur l’offre de formation si les personnels J&S ne peuvent pas se former, faute de crédits suffisants pour les frais de mission (déplacements, hébergement, restauration) conduisant au refus de prise en charge par les EAFC ?

Formations et diplômes

Le point d’information relatif au fonctionnement de la commission professionnelle consultative des métiers du sport et de l’animation nous donne l’occasion de dénoncer l’absence de vision stratégique du ministère dans ce domaine et/ou son incapacité à s’opposer aux demandes de la branche qui sont essentiellement guidées par une logique d’employabilité immédiate et à bas coût des professionnel·les, ainsi qu’une logique de rentabilité économique pour les organismes de formation (de droit privé). D’ailleurs, les salarié·es et employeurs du service public ne sont pas réellement pris en compte, puisque la FSU ne dispose plus d’aucun siège, alors qu’elle est la première organisation représentative des personnels de l’Education Nationale et qu’elle a une place prépondérante chez les enseignant·es d’EPS qui orientent, préparent et forment les futur·es professionnel.les du sport à la sortie du lycée (mentions complémentaires des bac pro notamment) mais aussi au sein des universités (STAPS), sans oublier sa représentativité à J&S. La seule instance où son avis est sollicité est le conseil supérieur de l’éducation (CSE), pour certains diplômes uniquement, avec une difficulté pour nous à comprendre comment ces 2 instances s’articulent. Pouvez-vous nous éclairer ?

Points divers

Lors de précédents CSA ministériels, nous avions évoqué la question du modèle économique des CREPS et le rôle singulier de service public que devraient pouvoir jouer les établissements du sport. Or nous apprenons que certains établissements n’ont vu leur première notification de crédits pour leur masse salariale pour 2026 qu’au mois d’avril, ce qui les fragilise de façon historique, et dénote d’un mépris amplifié qui touche tous les personnels, directeurs compris. Nous exigeons de connaître la chaine de décision qui a permis une telle mise en danger budgétaire.

Nous sommes déjà intervenus sur le sujet. Certains CTS sont mis en cause par la presse, en dépit de toute procédure sérieuse d’examen des faits, et lorsqu’ils sont réhabilités, la presse est muette. Il n’est pas normal que le ministère soit inaudible avant, pendant et après ces pseudo affaires. D’autres CTS peuvent être malmenés par leur DTN ou leurs élu.es, dans un certain isolement … Nous nous interrogeons sur les moyens politiques et humains dont dispose le CGO-CTS pour accompagner et défendre nos collègues.  

La question du temps de travail des personnels administratifs exerçant dans le périmètre Jeunesse et Sports, en Aquitaine notamment, est devenu le serpent de mer de nos CSA : elle surgit à chaque séance avec une ponctualité remarquable, et généralement de plusieurs syndicats . Elle agite un moment la surface de nos débats, et replonge invariablement dans les profondeurs, sans que l’Administration n’ait daigné lui trancher la tête. Voilà plusieurs mois que nous dénonçons la même injustice (3h30 de travail de plus par semaine pour les administratifs J&S), avec la même conviction, les mêmes arguments … et le même résultat : un silence administratif qui forcerait presque l’admiration. A l’issue de ce CSA, nos collègues nous poseront, comme à chaque fois, la même question : « alors ? qu’est-ce que l’Administration a dit ? » Nous aimerions pour une fois ne pas avoir à répondre « rien ». Nous demandons solennellement à l’Administration de nous dire, clairement et précisément, ce que nous sommes censés leur rapporter : une perspective, un calendrier, un engagement, ou l’aveu franc que seul le tribunal administratif coupera la tête de ce serpent et que l’Administration n’a rien à leur répondre. Nos collègues méritent au moins ça et c’est le sens de cette instance que d’apporter des réponses aux questions des agent.es, quelles qu’elles soient.

Merci de votre attention.

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