Par Éric DONATE
Le pack EPS existe depuis de nombreuses années dans différentes académies. Cet outil impose aux enseignant·es de renseigner nombre de données administratives concernant l’exercice de leur métier : enseignant·es d’EPS de l’établissement, classes, emplois du temps, programmations, installations… L’un des arguments historiquement avancé par les corps d’inspection est que, grâce à cette base d’informations, les besoins réels en piscines notamment pouvaient être identifiés et ainsi justifier un investissement public. Les piscines ne sont pas arrivées, mais le pack EPS, sous pression des IPR, s’étend lui à d’autres académies. Il s’articule à toujours plus d’outils (SANTORIN, protocoles des tests et de remontées des résultats, référentiels Bac établissement…) qui phagocytent le travail enseignant et les temps collectifs d’échange et de construction d’une réelle EPS ambitieuse.
Il ne faut pas s’y tromper… l’enjeu n’est pas une meilleure connaissance de l’EPS « réelle » en vue de favoriser ses conditions d’exercice en termes d’organisation, de matériel, ou de formation. Dans son ouvrage « Enseignants, les nouveaux prolétaires ? », Frédéric Grimaud explique que l’outil définit le métier, plus que le métier lui-même. Cette redéfinition des outils, en dehors de l’alourdissement de la charge de travail qui plus est sans rémunération, joue une triple fonction : isoler le/la travailleur·se de sa corporation (cf : santorin et les accès désormais individuels), le/la couper de son histoire professionnelle et dès lors redéfinir son métier tout entier…
Formation, programmes, évaluations, outils… le métier est transformé à marche forcée et le mal-être témoigné par les enseignant·es à travers l’observatoire de l’EPS en est une des manifestations.
L’heure est venue de construire collectivement une réponse à l’imposition de ces outils pour conserver la main sur le métier et continuer de lui donner du sens. Les concertations des équipes en fin d’année sont une occasion d’en débattre !





