Le réchauffement climatique, une réalité pour toutes et tous ?
L’été 2026 a une nouvelle fois montré toute l’étendue de la crise climatique avec les épisodes de canicules, les feux, la fonte des glaciers générant des coulées de boue meurtrière… « Qui aurait pu prévoir » avait déclaré E. Macron lors de ses vœux en 2022, exprimant le fait que le dérèglement climatique s’était très largement accéléré. Pourtant dès octobre 2018, les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) montraient les effets du réchauffement climatique et proposaient des pistes pour le limiter temporairement à 1,5° estimant que cela allait de pair avec une société plus durable et plus équitable. Les différents rapports qu’il émet insistent sur la nécessité de réduire rapidement les émissions en visant une neutralité carbone dans la seconde moitié du XXIème siècle.
En 2026, sept des neuf limites planétaires sont dépassées : le climat, la biosphère, les sols, l’eau douce, les flux biogéochimiques, l’acidification des océans et l’intégrité de la biosphère, seules l’ozone stratosphérique et la charge en aérosols atmosphériques restent dans les limites. Ces 9 limites ont été définies pour préserver l’équilibre de la nature et conserver des conditions de vie favorables et 6 d’entre elles avaient déjà été franchies en 2023.
Quelle prise en compte politique de la situation ?
C’est au travers du budget qu’il est possible de mesurer la réalité de la prise en compte de l’urgence climatique. En 2023, face aux alertes, le gouvernement décide de créer un fonds vert destiné aux collectivités locales et à leurs partenaires pour des investissements au service de la transition écologique à l’échelle locale. Ce fonds vert devait être doté annuellement de 2,5 milliards d’euros jusqu’en 2027. Les choix budgétaires ont été tout autres en réduisant ce budget d’1 milliard en 2025 pour n’être plus que de 837 millions en 2026 dont 150 millions dédiés aux inondations. Les politiques d’austérité conduisent à des arbitrages réduisant des budgets dont ceux liés à la transition écologique, à la préservation de l’environnement. Au final, devant les impacts catastrophiques du réchauffement climatique la facture s’avère salée. Ces budgets ne doivent pas être considérés comme un coût mais bel et bien comme un investissement absolument nécessaire pour répondre aux enjeux.
Pas de transition écologique, de bifurcation, de lutte contre le réchauffement climatique sans justice sociale.
Le changement climatique et les inégalités sociales sont deux crises étroitement liées. Les plus démuni·es de la population, tout en étant les moins responsables, sont celles et ceux qui en subissent le plus gravement les conséquences : impossibilité financière d’adapter son habitation, lieu de vie plus exposé (en périphérie des villes, dans des quartiers inondables…), explosion des coûts sur la nourriture… Les 10% les plus riches sont responsables d’environ 50% des émissions de CO2, les 50% les plus pauvres de 12%…
Toute mesure climatique doit donc penser un modèle redistributif pour soutenir les populations les plus fragiles et un investissement conséquent doit être fait en direction des services publics (transport, santé, protection sociale…)
Une transition écologique juste doit donc intégrer une dimension sociale pour éviter d’aggraver les disparités existantes.
Et dans l’Éducation ?
La recherche tous azimuts d’économie pour réduire le déficit a rendu exsangues les budgets territoriaux. La rénovation du bâti scolaire qui devrait être une des priorités souffre donc d’arbitrages qui éloignent les perspectives d’une amélioration. Cet état de fait conduit à promulguer des mesurettes visant à faire accroire que le politique s’en préoccupe. C’est par exemple la décision du Ministre de l’Éducation nationale de fixer la passation du DNB 2027 uniquement le matin (plus frais…).
Nos salles de classes, les installations sportives, déjà vétustes pour beaucoup, inadaptées et vieillissantes sont loin d’être une priorité. Et ce ne sont pas les 100 millions budgétés en 2021 pour la rénovation énergétique et la modernisation des équipements qui y a changé quoi que ce soit…
Des solutions existent, il manque juste le courage politique d’arbitrer les budgets en ce sens. Dans l’attente de ce contexte favorable, les enseignant·es sont laissé·es seul·es face aux problématiques de grandes chaleurs, de grand froid sans autre moyen de gérer que celui de leur bon sens… cela n’est pas suffisant. Le SNEP-FSU propose des pistes de travail, pose des revendications, des réflexions et après le RESET (Référentiel des Équipements Sportifs En Transition Environnementale) propose un kit pour intervenir.





