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409 mort·es noyé·es cet été : la France paie le prix de son manque de piscines

Par Nathalie FRANÇOIS

Chaque été, le bilan est le même : trop de noyades, trop de vies perdues. Entre juin et septembre 2025, la France a recensé 1 418 noyades, dont 409 mortelles, soit une hausse de 14 % et 16 % par rapport à 2024. Les enfants ne sont pas épargné·es. La noyade reste la première cause de mortalité accidentelle chez les moins de 25 ans.

Au-delà de ces chiffres, nous constatons que l’accès à l’apprentissage de la natation reste très inégal. 183 intercommunalités ne disposent d’aucune piscine publique. Seuls 14 départements sur 101 dépassent le seuil de deux bassins pour 10 000 habitant·es. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, le taux d’équipement de natation est inférieur de 40 % à la moyenne nationale.

Dans ce contexte, de nombreux établissements scolaires n’ont pas accès à un bassin de natation, en raison de l’éloignement, du manque de créneaux disponibles, du manque de budget ou du manque d’heures dédiées. Le Gymnase Score (2025), mesure que 14 % des collèges n’ont pas accès à une piscine. En conséquence, une partie des élèves quitte le collège sans savoir nager. Ce sont donc les familles qui en ont les moyens qui supportent la charge de cet apprentissage, creusant encore les inégalités sociales et territoriales.

Face à cette urgence sanitaire et éducative, le SNEP-FSU porte la nécessité d’un nouveau plan national de construction et de rénovation, comme cela a pu être le cas dans les années 70 avec le plan « 1 000 piscines ». Il est indispensable que l’État participe à cet investissement afin de cibler en priorité les territoires dépourvus de piscine publique. Il faut également rénover les bassins existants pour réduire les factures d’énergie des collectivités et garantir un financement pérenne des transports scolaires vers les piscines.

Apprendre à nager n’est pas un luxe : c’est une question de sécurité, de santé publique et d’égalité. Il est temps d’en faire une priorité politique.

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