Pour le droit à la poursuite d’études des non-lauréats du CAPEPS-L3

Paris, le 17 avril 2026

Mesdames, Messieurs les député·es,

Mesdames, Messieurs les sénatrices et sénateurs,

Le SNEP-FSU et le SNESUP-FSU vous interpellent ce jour pour porter à votre connaissance les atteintes au droit à la poursuite d’étude et à l’accompagnement à la réussite des étudiant·es en licence Éducation et Motricité en STAPS pour la rentrée 2026.

6 000 étudiant·es suivent cette licence cette année en France. Dans le cadre de la nouvelle réforme de la formation initiale des enseignant·es et du nouveau concours en milieu de L3, la plupart d’entre eux/elles ont préparé le CAPEPS (concours sélectif). 478 postes sont offerts pour 2026 pour plus de 5 500 candidat·es.

95 % de ces étudiant·es ne seront pas reçu·es à ce concours. La question de leur poursuite d’études se pose alors. Avant la réforme de la formation des enseignant·es, ces étudiant·es se dirigeaient vers le master MEEF qui compte encore cette année plus de 3 000 étudiant·es. Le master M2E prend la place du master MEEF à partir de la rentrée prochaine. Les lauréat·es du concours y seront accepté·es de droit. Mais de nombreux INSPE ont choisi de ne pas accueillir ou d’accueillir très peu d’étudiant·es non lauréat·es en master M2E à la rentrée prochaine. Ces étudiants·es en STAPS n’ont pas d’autres masters disciplinaires dans lesquels poursuivre leurs études, hormis le master Sport, Politiques éducatives et Sociétés dispensé dans une poignée d’UFR STAPS en France (seulement 5 sur l’ensemble du territoire). Il s’agit ici d’une spécificité des cursus en STAPS. Nous souhaitons alerter sur le fait que les étudiant·es en STAPS ont pour une grande partie comme projet de devenir professeur d’EPS dès leur entrée en licence. La poursuite en master éducation et formation est une évidence et le CAPEPS « échappe » jusqu’à présent à une crise de recrutement. De même que les lauréat·es du concours sont moins démissionnaires et moins licencié·es que dans les autres disciplines. Le non accueil des candidat·es ayant échoué au concours met en danger cette filière de recrutement d’enseignant·es d’EPS qui a pourtant largement fait ses preuves.

Ces choix différenciés des INSPE et des Universités dont ils dépendent dessinent des inégalités territoriales. Il n’y a de plus aucune harmonisation pour un équilibre sur le territoire. Les INSPE de Grenoble et de Lyon ont choisi de ne pas accueillir de non-lauréat.es, ce qui impacte une large part Sud-Est du territoire et les étudiant·es des STAPS de Grenoble, Lyon, Valence, Saint-Etienne. Il en est de même dans une large façade Ouest pour les INSPE-académies de Rennes, Nantes et Caen, ce qui impacte 6 STAPS (Rennes, Saint-Brieuc, Brest, Nantes, Le Mans et Caen), ou pour l’INSPE de Lille (Lille, Calais, Liévin, Valenciennes).

Nous demandons un cadre national pour un accueil des non-lauréat.es en INSPE mais aussi un collectif budgétaire pour accompagner la réforme. La réponse politique du ministre de l’ESR ne peut pas être un défaussement sur les universités au nom de « leur autonomie » aliénée par un sous-financement. De plus, ce non-accueil de non lauréat·es favorise l’ouverture de formations privées de préparation au concours. Les choix des INSPE et des Universités sont imposés par leurs difficultés financières. Nos Universités en déficit rentrent dans des logiques de diminution de l’offre de formation ; elles ferment des groupes dans ce passage du MEEF au M2E. Elles refusent également d’élargir leur offre de formation en master pour offrir d’autres débouchés que l’enseignement ; ici le master SPES pour les licences Éducation et Motricité en STAPS.

La situation des non lauréat·es en STAPS est emblématique des problèmes à l’université et de l’impéritie MEN et MESR sur la mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignant·es. La puissance publique doit permettre aux Universités d’assurer leurs missions et attribuer les moyens nécessaires pour que les générations subissant cette réforme ne connaissent pas une double peine : un nombre de postes aux concours trop faible et une atteinte à leur poursuite d’étude.

Nous nous tenons disponibles pour répondre à vos interrogations et vous donner l’ensemble des informations nécessaires à votre travail parlementaire.

Après de très nombreuses alertes de nos organisations auprès des ministres EN et MESR depuis plus d’un an et demi, nous vous sollicitons en tant qu’élu·e afin d’ interpeller le gouvernement.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs les député·es, Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs, l’expression de nos salutations respectueuses.

Coralie BÉNECH  
Co-Secrétaire générale du SNEP-FSU                                       

Emmanuel DE LESCURE
Secrétaire général du SNESUP-FSU

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