Contexte
À l’instar des conquêtes sociales historiques (sécurité sociale, Fonction publique…), les avancées dans notre discipline ont été possibles grâce aux luttes de la profession dynamisées par le SNEP-FSU (4ème heure en 6ème, intégration à l’EN, gymnases types SNEP…). Les luttes sont indispensables pour le progrès social et pour la mise en œuvre, par le pouvoir politique, des revendications. L’histoire sociale se lit sur le temps long durant lequel la permanence d’action et l’opiniâtreté sont des incontournables pour peser sur les orientations politiques.
Fondé sur l’exploitation de l’humain et des ressources, le capitalisme cherche toujours à se régénérer. Cela se traduit par l’affaiblissement et l’attaque de l’État Social (droit du travail, Services Publics (SP) et Protection Sociale), du statut des fonctionnaires, pour ouvrir de nouvelles parts de marché et favoriser les privatisations. La loi de transformation de la Fonction publique de 2019 a encore franchi un palier en s’en prenant violemment à la démocratie sociale, en faisant le choix de la contractualisation et du management.
Par ailleurs, la montée des extrêmes droites (ED), organisée par les milliardaires et leurs médias, fait courir un grand risque pour l’État social, l’État de droit et les libertés dont les libertés syndicales. L’ED, ennemi des SP, de l’école et du monde du travail, vise à perpétuer l’ordre économique capitaliste et détourner les colères engendrées par l’austérité vers des boucs émissaires (immigré·es, fonctionnaires, chômeur·euses…), sans remettre en cause la répartition des richesses.
La distillation fataliste de l’idéologie de la résignation et de l’absence d’alternatives se heurte heureusement à la multiplication de luttes féministes, écologistes, antiracistes, anticolonialistes, pour la justice fiscale, la paix, la démocratie, les SP (École, hôpital, justice…), l’accès aux biens communs (eau, alimentation). Dans le contexte des luttes pour le progrès social et contre l’ED, lors des législatives de juin 2024, le SNEP-FSU, a appelé à voter pour les candidat·es portant le programme du Nouveau Front Populaire. La situation questionne aussi nos rapports, dans le contexte, aux partis politiques.
En plus de mettre la main sur les structures d’État pour imposer un modèle concurrentiel destiné à sauvegarder l’économie de marché, les politiques néolibérales ont la volonté d’affaiblir le syndicalisme de transformation sociale. Cela se traduit notamment par une surdité permanente aux revendications exprimées par la grève, la manifestation ou sous d’autres formes. Conjointement, la discrimination syndicale se répand et gagne même la Fonction publique. Le renforcement de la syndicalisation est un enjeu nécessaire pour résister et faire avancer nos revendications. Outre les luttes syndicales et associatives, d’autres formes émergent (Gilets jaunes, bloquons tout), que nous devons analyser.
QUESTIONS mises en débat
- Comment favoriser l’engagement syndical des collègues et des adhérent·es pour leur permettre d’être acteur·rices de l’avenir professionnel, de l’école et des processus de lutte ?
- À quelles conditions le SNEP-FSU peut favoriser une plus grande prise de responsabilité des femmes dans le syndicat ?
- Le syndicat doit-il articuler les luttes spécifiques (salaires, IMP, EPS…) et les luttes générales (SP, PS, féminisme, écologie, paix..), et si oui comment ?
- Le syndicalisme doit-il prendre en compte les mouvements « citoyens », si oui comment ?
- Comment et à quelles conditions le syndicat doit-il se positionner vis-à-vis des partis politiques ?
- Comment agir pour lutter contre les idées d’Extrême Droite ?




