L’égalité des chances : un concept flou et dévoyé par le Président de La République

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Si E. Macron souhaitait réellement l’égalité des chances, il commencerait par s’assurer que le service public de l’éducation nationale est assuré sur tout le territoire. Pour cela il aurait fallu repenser l’attractivité du métier en terme de revalorisation, une formation et une amélioration des conditions de travail et non pas se focaliser sur des dispositifs éculés et démagogiques comme le,choix par un directeur d’école ou de chef d’établissement de ses enseignants.

Mais cela signifierait avoir une véritable considération pour le métier d’enseignant très loin des images négatives renvoyées par lesjob dating organisés dans plusieurs académies où, après un entretien de 30 minutes vous êtes recrutés pour enseigner à la rentrée prochaine quand il faut cinq années d’études et un concours normalement ? Cet affichage confirme le mépris généralisé de nos métiers, des élèves et révèle le manque d’investissement dans l’école.

L’égalité des chances, c’est d’abord l’égalité des droits, c’est avant tout avoir un enseignant formé et qualifié devant tous les élèves à la rentrée or suite aux premiers résultats des concours, nous savons d’ores et déjà que cela ne sera pas possible.

L’égalité des chances c’est aussi permettre à chaque élève de réussir et cela nécessite de multiplier les moyens pour l’éducation nationale, et notamment pour l’école publique, ce qui sous le premier mandat du président n’a pas été le cas. D’une part des moyens supplémentaires ont été accordés aux écoles privées suite à l’article 1 de la loi de l’école de la confiance, et d’autre part pour 27000 élèves supplémentaires ce sont 7900 postes qui ont été supprimés (en EPS 940). La réussite de tous et toutes passe par une diminution des effectifs partout et par des recrutements supplémentaires pour pouvoir assurer le suivi des élèves.

Le Recrutement par le chef est une véritable rupture pour le service public d’éducation et un simple affichage visant à plaire aux tenants de la libéralisation de l’École. Le bilan des dispositifs précédents type ECLAIR est éclairant et fait le constat d’un échec patent ! Bien d’autres facteurs que le lieu de travail ou l’adhésion supposée à un projet entrent en ligne de compte : conditions de travail, rémunération, climat scolaire…

Les affichages d’E. Macron sur le recrutement, sur les nouvelles missions ou sur les projets innovants laissent à penser que les professeurs ne travaillent pas assez, et qu’ils sont rétifs aux innovations. Les enseignants n’ont pas attendu pour innover ou pour assurer certaines missions. Le fait d’accentuer les différences de rémunération ne font que créer des concurrences entre les collègues alors que celles-ci sont incompatibles avec l’intérêt général, l’égalité des droits et que cela détruit les collectifs de travail.

Les expérimentations comme les 30 minutes de sport par jour, la réforme des collège, celle des lycées doivent être remises à plat car elles exacerbent les inégalités et les concurrences.

Monsieur Macron finit de détruire le service public d’éducation de l’intérieur. Justifiant sa réforme par l’égalité des chances, il ne fait que renforcer les inégalités et favorise ainsi la mobilité des élèves qui le peuvent vers l’enseignement privé. Qu’en pense le Ministre de l’Éducation nationale, montré comme exemple de la méritocratie républicaine et particulièrement silencieux devant les annonces du président de la République ?

Le secrétariat national du SNEP-FSU

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