Dans un monde qui fait face à la montée de l’extrême droite, des tensions internationales, de crises économiques, sociales et environnementales sans précédents et face à l’explosion des inégalités, il est urgent, pour notre jeunesse, de construire une société de paix, plus juste, plus égalitaire, démocratique et écologique. Le congrès national du SNEP-FSU, réunissant les enseignant·es d’EPS du collège à l’Université et les personnels techniques et pédagogiques Jeunesse et Sports, lance un appel en faveur de la jeunesse.
La jeunesse de notre pays porte les stigmates des politiques libérales et liberticides menées et renforcées depuis des décennies. Elle présente ainsi un état de santé physique alarmant, avec une baisse significative des capacités cardio-respiratoires, une obésité grandissante dans un contexte où les inégalités d’accès à la pratique physique, sportive et artistique perdurent entre les filles et les garçons, entre les classes sociales, les territoires, selon que l’on soit valide ou en situation de handicap… La santé mentale est tout autant préoccupante, plus d’un jeune sur deux n’a aucune confiance dans l’avenir, le mal-être explose et les idées suicidaires progressent. Les politiques éducatives, culturelles, sportives et de loisirs ont entrainé également des dégradations qui affaiblissent les pouvoirs d’agir des jeunes et altèrent leur santé sociale indispensable pour leur émancipation.
Dans ce contexte politique et social anxiogène, près d’un tiers des 18-25 ans se laisse séduire par le discours démagogique de l’extrême droite.
Face à cette situation, il y a urgence à répondre aux besoins de la jeunesse qui est l’avenir du pays.
Renforcer l’École Publique, l’EPS et le Sport Scolaire !
Pour inverser la tendance, il est indispensable de redonner à l’École les voies et moyens de répondre à l’objectif de démocratiser l’accès à des savoirs ambitieux pour garantir une culture commune à tous et toutes. C’est une condition indispensable pour permettre à la jeunesse de s’émanciper, afin de pouvoir agir demain en citoyen·nes responsables et critiques face aux enjeux du moment. Ce projet s’inscrit dans la perspective d’un grand service public laïc, gratuit et obligatoire qui accueillerait toutes les jeunesses.
Pour permettre à celles et ceux qui n’ont que l’École pour apprendre, accéder aux savoirs et ainsi contribuer à la lutte contre les inégalités, il y a urgence à augmenter le temps scolaire et à réduire les effectifs par classe. Il faut renforcer l’enseignement de l’EPS, le Sport Scolaire et Universitaire et parallèlement assurer le développement du monde associatif extrascolaire. Ainsi, porter l’horaire obligatoire d’EPS à 4 heures hebdomadaire tout au long de la scolarité est une nécessité. Il permettrait à tous et toutes, à travers le renforcement de la pratique des Activités Physiques Sportives et Artistiques, de s’approprier ce pan de la culture de l’Humanité, de se développer physiquement et contribuer à améliorer la condition physique des jeunes. Ce serait un moyen de favoriser l’engagement dans la pratique physique et sportive tout au long de la vie. Adossé à un grand plan de construction/rénovation d’équipements sportifs écoresponsables pour les territoires métropolitains et ultramarins, cela contribuerait également au renforcement du vivre-ensemble au travers de la rencontre. C’est une réponse pour contrer le développement de l’individualisme, du repli sur soi, de la peur voire de la haine de l’autre. Cette perspective doit trouver des prolongements pour assurer à chaque jeune la possibilité de poursuivre les études de son choix, sans obstacle, ni sélection, en bénéficiant d’une allocation financière lui permettant d’être autonome et de suivre ses études sereinement.
Renforcer le Service Public de la Jeunesse et des Sports !
Si l’École a un rôle primordial pour redonner de l’espoir à la Jeunesse, elle ne peut, à elle seule, tout régler. Ce projet doit pouvoir s’appuyer sur un service public de la Jeunesse et des Sports aux moyens renforcés pour offrir à chaque jeune la possibilité d’accéder à la pratique sportive et artistique de son choix, aux loisirs à un tarif réduit. Cela implique donc de développer et soutenir les associations pour pouvoir répondre à la demande sur l’ensemble des territoires métropolitains ou ultramarins avec des personnels techniques et pédagogiques Jeunesse et Sports à même de les accompagner, de former les bénévoles. C’est pourquoi, le SNEP-FSU appelle notamment à porter le budget du ministère des sports à 1 % du budget de l’État. La nécessité de renforcer l’accès à la Culture passe par le développement de politiques publiques d’éducation populaire.
Il est essentiel de redonner à chacun·e la possibilité de bénéficier du droit aux vacances, dont sont privé·es de trop nombreux·euses jeunes, notamment celles et ceux issu·es des milieux populaires. Le développement des colonies et des centres de vacances, les soutiens aux projets des jeunes, sont des clés pour y parvenir.
Il est temps d’apporter les financements et politiques indispensables pour permettre à la Jeunesse de se projeter dans un avenir serein. Nous, enseignant·es d’EPS et personnels techniques pédagogiques Jeunesse et Sports, fier·es d’être engagé·es au quotidien auprès des jeunes, portons ce projet et souhaitons le partager pour qu’il devienne réalité.





