Bulletin 999 – Juin 2022

Ripolinage ou ravalement ?

Il aura fallu attendre trois semaines pour qu’E. Macron nomme E. Borne première mi nistre et que cette dernière (sous impulsion forte du président) nomme un gouverne ment le 20 mai dernier. Si d’un regard rapide, suite aux présentations qui sont parfois faites, il peut être permis de penser qu’il y a là une volonté de changement, il ne faut pas occulter la nécessité pour Macron de présenter une certaine image à la veille des législatives. Il faut aussi aller bien au-delà des apparences. Qui peut croire en un E. Macron nouveau ? Qui peut croire que par volonté de dialogue et de politique sociale on nomme E. Borne, technocrate que d’aucun appelle la « Thatcher française » ? Qui peut croire au changement quand les mêmes restent comme Darmanin, Véran, Dussopt, Le Maire, Attal, de Montchalin, Dupond-Moretti,… ?

Finalement, les plus gros changements se retrouvent sur nos champs avec la nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’Éducation et de la jeunesse, véritable camouflet à Blanquer, celle d’Amélie Oudéa-Castéra au ministère des sports qui redevient un ministère de plein exercice (dont il faudra mesurer ce que cela implique) et celle de Sylvie Retailleau à l’enseignement supérieur et à la recherche. Si les têtes ont changé, qu’en sera-t-il de la politique développée ? Auront-ils des espaces de manœuvre pour la définir ou, dans un hyper présidentialisme porté par le président de la République, ce dernier restera-t-il celui qui dicte tout ? Ce gouvernement n’est-il que de façade, temporaire, dans l’attente des législatives, ou sera-t-il amené à changer rapidement en cas de victoire (espérons que non) de la REM ? En tout état de cause, le SNEP-FSU continuera à défendre et revendiquer sur ses champs propres, avec la FSU, sur les questions plus générales. D’ores et déjà, il s’adresse aux nouveaux ministres pour les rencontrer et peser sur les choix futurs.

Rompre avec les politiques néolibérales, rompre avec le développement des inégalités, avec le tri social généralisé, développer de véritables alternatives écologiques… , resteront nos boussoles et le centre de nos actions revendicatives, quoi qu’il advienne dans un futur proche. Dans ce cadre, se saisir des prochaines élections législatives est un enjeu majeur et relève d’une forme d’action syndicale visant à permettre le développement d’une autre politique plus proche de nos mandats.

Nous vous rendrons compte des différentes rencontres que nous pourrons avoir avec le nouveau gouvernement et appelons chacun et chacune à ne rien lâcher de nos convictions, valeurs et revendications, en portant politiquement dans les urnes cette volonté de réorientation, de changement..

Bon courage à toutes et tous pour cette dernière ligne droite scolaire.

benoit.hubert@snepfsu.net

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