L’extrême droite écartée, Macron réélu… et maintenant ?
Si l’on peut être rassuré face à la crainte forte de voir l’extrême droite accéder au pouvoir, on ne peut que constater avec effroi sa montée en puissance et la banalisation de ses idées. C’est sur fond de déclassement, de misère sociale, de mépris après des décennies de politiques libérales, que bon nombre d’électeurs se laissent prendre aux discours enrobés et démagogiques de cette extrême droite. C’est donc aussi la résultante des politiques menées et de certains lobbies médiatiques qui s’évertuent à présenter ces idées comme si elles émanaient de « partis comme les autres »…
Si nous avons à montrer que c’est loin d’être le cas, qu’essayer l’extrême droite au pouvoir n’est pas une option, nous aurons également à lutter pied à pied contre les orientations que prendra ce nouveau quinquennat Macron. Les résultats, le taux d’abstention, des bulletins blancs et nuls font d’ores et déjà craindre à Emmanuel Macron une contestation très forte de sa politique dans la rue et une possible difficulté à venir dans le cadre des élections législatives sur lesquelles, pour construire un contre-pouvoir et ne pas donner toutes les armes à la République en Marche, chaque voix comptera.
Ce contre-pouvoir démocratique, c’est aussi le rôle que doit jouer le syndicalisme qui a été extrêmement maltraité ces cinq dernières années. Se syndiquer, se mobiliser est essentiel. Des projets de réforme devraient s’enclencher très rapidement comme celle notamment de la retraite, avec un recul de l’âge de départ, mais aussi probablement une continuité des réformes destructrices que nous avons connues pour l’École, les services publics, la Fonction publique.
D’ores et déjà et à l’occasion de la formation du gouvernement transitoire dans l’attente des législatives, nous avons à porter l’ensemble de nos revendications et propositions pour peser sur le débat public, pour interpeller les partis à même de s’en faire le relai, pour empêcher le gouvernement de les ignorer.
Si cette élection a pu produire de la rancœur, de l’abattement, si elle crée des doutes et des incertitudes, elle ne peut conduire à la désespérance. L’entre deux tours a montré que des bougés étaient possibles, nous avons à peser fortement sans naïveté pour réorienter au maximum nombre de politiques. Pour cela, le syndicalisme a besoin de tous et toutes et convaincre tout le monde de nous rejoindre est une nécessité. Le premier mai sera une première étape de ce qu’il est convenu d’appeler le « troisième tour social », les législatives en seront un autre et prendre part à toutes les mobilisations qui se construiront pour peser sur l’avenir sera essentiel !





