Déclaration Liminaire FSU au CSA MJS du 09 septembre 2026

decla js

Contexte général

Cette rentrée 2026 intervient dans un contexte qui devrait nous obliger collectivement à regarder un peu plus loin que les seuls équilibres comptables.

Urgence climatique

La fin du printemps, l’été et même cette rentrée auront été marqués par des vagues de chaleur, des températures extrêmes, la sécheresse, les incendies. Le dérèglement climatique n’est plus une menace abstraite annoncée pour demain. Il est là. Il bouleverse déjà les conditions de vie, mais aussi les conditions d’accueil des enfants et des jeunes, la pratique sportive, les accueils collectifs de mineurs, les équipements, les conditions de travail des agent·es, … Il devrait donc nous conduire à une évidence : face à des crises plus nombreuses, nous avons besoin de davantage de capacités collectives à agir, et donc, de davantage de services publics.

Pourtant, c’est précisément le moment où on nous annonce des crédits gelés (coupe de 40 millions d’euros pour la rénovation thermique des écoles sur les 60 prévus), des budgets restreints et de nouvelles économies.

Il y a un paradoxe que nous ne pouvons plus accepter : plus les besoins augmentent, plus on réduit les moyens permettant d’y répondre. On réduit, on gèle les crédits et on demande ensuite au service de prioriser, puis on finit par expliquer que certaines missions ne sont plus prioritaires et on consacre des rapports de l’inspection générale pour le justifier. Ce n’est pas notre conception du service public.

La crise climatique se double d’une crise sociale et politique.

Nous ne reviendrons pas sur un bilan catastrophique en matière de réduction des inégalités et de lutte contre la pauvreté : 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et 22,5% des moins de 18 ans.

Par ailleurs, à quelques mois d’une élection présidentielle décisive, dans un paysage politique fragmenté, l’hypothèse d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir ne peut plus être considérée comme théorique.

Dans ce contexte, la FSU continuera à rappeler ce que représente la Fonction Publique : non pas l’instrument d’un pouvoir politique, mais le service de l’intérêt général. Le statut n’est pas seulement une protection accordée aux agent·es, il est d’abord une protection accordée aux citoyens.

Pour toutes ces raisons, mais aussi en raison de la dégradation des conditions de travail des agent·es, le déclassement salarial ou encore le manque de moyens budgétaires pour les services publics, l’ensemble des organisations syndicales de la Fonction publique, dont la FSU, appelle les agent·es à se mettre en grève le 29 septembre (communiqué intersyndical du 03/09/26). La FSU exige des mesures immédiates concernant les salaires, avec notamment la revalorisation de la valeur du point d’indice et la refonte des grilles indiciaires. 

Politiques J&S

C’est dans ce contexte climatique, social et politique que le ministère a publié sa DNO (Directive Nationale d’Orientation), le 21 juillet. Nous pourrions évidemment partager nombre des ambitions affichées : développer les loisirs éducatifs, relancer les projets éducatifs de territoires (PEdT), renforcer la qualité des accueils collectifs de mineurs (ACM), développer le BAFA/BAFD, prévenir les violences sexistes et sexuelles (VSS), renforcer les contrôles, développer le sport-santé, lutter contre les inégalités d’accès au sport, soutenir la vie associative, favoriser l’engagement des jeunes, accompagner la transition écologique, …

Une question traverse toute la lecture de cette directive : avec quels moyens ?

Une politique publique ne se juge pas au nombre de priorités inscrites dans une circulaire. Elle se juge aux moyens humains et financiers que l’Etat se donne pour les réaliser. Et c’est précisément là que cette DNO nous inquiète. Elle donne l’impression d’un empilement, dans lequel chaque nouvelle priorité vient s’ajouter aux précédentes, sans jamais que soit réellement posée la question : qui va faire, avec quels moyens, sur quel temps de travail ?

Contrôler 10% d’ACM, nous y sommes favorables. Mais contrôler sérieusement ne consiste pas à cocher une case dans un tableau de bord : il faut préparer, se déplacer, observer, analyser, échanger avec l’équipe, rédiger, assurer le suivi administratif et parfois conduire une enquête administrative. Un objectif de contrôles supplémentaires sans personnels supplémentaires n’est pas sérieux. Même constat concernant les VSS. Même constat concernant les EAPS (établissements d’activités physiques et sportives).

Et il faudrait aussi développer Guid’asso, certif’asso, mieux mobiliser les financements européens, accompagner les associations, les territoires, les collectivités, …

Quand tout devient prioritaire, plus rien ne l’est !

Et il y a les personnels ! La DNO affirme elle-même que l’ingénierie territoriale est au cœur des métiers des agent·es J&S.

Nous prenons l’Administration au mot ! Si tel est le cas, donnons aux personnels le temps de la pratiquer en reconnaissant l’expertise des personnels techniques et pédagogiques (PTP), en garantissant leur autonomie professionnelle, en leur donnant un réel accès à la formation continue, en maintenant une présence suffisante dans les départements et les régions. Et cessons de transformer progressivement des PTP en simples opérateurs de dispositifs et/ou producteurs d’indicateurs, voire de contrôleurs.

Une DNO devrait permettre de choisir, de hiérarchiser et de donner du sens, pas seulement d’empiler.

Elections professionnelles 2026

Du 3 au 10 décembre, les personnels choisiront celles et ceux qui les représenteront pour 4 ans. Dans le contexte décrit, ce RDV prend une importance particulière. Les représentant·es seront élu·es jusqu’en 2030, ils/elles traverseront donc la prochaine élection présidentielle et les transformations de la Fonction Publique qui pourraient en découler.

C’est précisément dans ces périodes d’incertitude que les contre-pouvoirs et la démocratie sociale prennent tout leur sens. La démocratie sociale n’est pas une simple formalité administrative. Elle ne consiste pas seulement à autoriser la parole des représentant·es des personnels. Elle consiste à leur permettre de peser sur les décisions.

Pour la FSU, notre conception est claire. Nous voulons un syndicalisme capable de négocier lorsque les avancées sont possibles, capable de proposer, capable de construire, mais aussi capable de dire non et de s’opposer.

Un syndicalisme qui ne dérange jamais personne finit généralement par ne plus défendre grand monde.

L’Administration porte également une responsabilité particulière dans l’organisation du scrutin. Dans un ministère aussi complexe que le nôtre, que ce soit au niveau des environnements de travail (DRAJES, SDJES, CREPS, fédérations, …) ou des statuts des personnels (Administratifs, IJS, CTS, CAS, CEPJ, FOR, …), aucun·e agent·e ne doit être oublié·e. Toutes et tous doivent être accompagné·es dans les modalités de vote. Et si l’Administration veut réellement lutter contre l’abstention, il faudra aussi qu’elle nous aide à démontrer que leur vote produit des effets. On ne peut pas demander de voter massivement et transformer ensuite pendant 4 ans le CSA en chambre d’enregistrement. On ne peut pas demander de voter massivement sans prendre en compte les revendications, maintes fois exprimées, d’avoir des instances locales représentatives d’un champ professionnel, qui nous évitent d’être noyé·es dans les questions propres à l’Education Nationale et au temps scolaire.

Merci de votre attention.

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