Un plan social en cours dans l’ESR

Par Pascal ANGER

La situation budgétaire est catastrophique dans l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR).

Près de 100 % des universités vont avoir un budget 2026 en déficit (du jamais-vu). Celles-ci sont asphyxiées. Cette situation est due au fait que l’État ne verse pas ce qu’il doit aux universités. Ce sous-financement délibéré s’accélère depuis 2022 et est souligné par tous les rapports. C’est l’équivalent de 10 universités qui auraient dû être construites et 30 000 agent·es qui auraient dû être recruté·es depuis les années 2010. Il s’agit d’un plan social jamais vu envers les contractuel·les, les vacataires. Des gels de postes lors de départs en retraite et une diminution de l’offre de formation sont également en cours.

En parallèle, les formations privées prospèrent de façon exponentielle depuis 2018 en représentant 26,5 % des effectifs en 2025.

Soulignons que 8 ancien·nes ministres ont signé une tribune [Les Échos le 09/12/2025] pour s’effrayer d’un « recul de vingt ans » sur le budget 2026 de l’ESR !

Face à cette situation catastrophique, le ministre de l’ESR fait 2 réponses politiques qui aggraveront les choses.

L’une est d’annoncer des « assises du financement des universités », donc une diversion, avec la précision que le choix de faire financer les universités par les familles sera lié au résultat de la présidentielle 2027 (Cqfd).

L’autre est la mise en place effective pour 2026 d’une dotation budgétaire unique basée sur un contrat d’objectif, de moyens et de performance (COMP) pour chaque université. Sur le fond, ils ont pour objectif la régionalisation des formations et de la recherche. En effet avec la délégation par l’État aux recteurs·rices délégué·es à l’enseignement supérieur du pilotage de l’allocation des moyens des établissements, ceux-ci piloteront de facto 100 % de leurs missions. Le localisme assumé augmentera les inégalités sociales, territoriales et la dilution du service public.

La première réponse pour le SNESup et le SNEP-FSU serait un collectif budgétaire de 8 milliards d’euros à minima pour répondre aux besoins immédiats de l’ESR public, plutôt qu’un nouveau diagnostic.

PARTAGER
IMPRIMER

Nos lecteurs aiment aussi...