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L’Éducation par les Nuls

10 ans de Macronisme…

10 visuels pour constater les ravages de la start-up nation…

10 milliards à obtenir de suite pour commencer à réparer…

Cette exposition est libre d’utilisation (mais de façon non-commerciale, sous la licence Creative Commons).

Nous appelons chacun.e à l’utiliser sans modération et à la faire vivre dans l’espace public (salle des personnels, lieux de rassemblements, manifs’, etc…) et sur les réseaux.

Parcoursup

  • Au 1er tour de Parcoursup en juin 2018, 50% (plus de 400 000) n’avaient pas de propositions, alors qu’ils n’étaient que 20% l’année précédente avec APB…Chaque année, à l’issue de la 1ère phase d’affectation, les consultations en psychiatrie de lycéen.nes explosent…
  • Parcoursup est devenue une épreuve pour chaque adolescent.e qui subit une violence managériale et algorithmique et/ou l’humiliation des voeux refusés et/ou des lettres de motivation jamais lues. L’afflux d’étudiant.es était pourtant connu et aurait dû s’accompagner d’investissements dans la création d’universités.
  • Selon Johan Faerber (2023, parlez-vous le parcoursup ?), Parcoursup n’est ainsi pas une erreur, mais l’instrument de la brutalité d’un État qui veut imposer la sélection et le privé lucratif comme modèle…

Sources :


Heures perdues

Entre les rentrées 2007 et 2025, le nombre d’élèves dans l’enseignement du 2nde degré public a augmenté de près de 200 000 élèves (avec en même temps une augmentation très forte de l’inclusion). Sur la même période, le nombre de professeurs a pourtant été réduit de près de 10 000 (avec plus de 32 000 suppressions de postes de titulaires dont nombre de titulaires remplaçants…). Cette évolution inversée s’est réalisée en augmentant le nombre d’élèves par classe (la France est le pire pays d’Europe pour ses effectifs…), en surchargeant les personnels (augmentation des HSA imposables, missions supplémentaires comme le Pacte, etc…) et surtout en supprimant le nombre de professeurs remplaçant.es, avec les conséquences que l’on connait sur la baisse d’attractivité du métier et sur les non-remplacements…

Sources :


Dépense Intérieure d’Education

En 2025, les dépenses totales d’éducation (du 1er degré au supérieur, tous financeurs confondus : état, collectivités, ménages et entreprises) ont atteint 199,2 milliards €. Comparé à la richesse produite (PIB), cela représente 6,7%, contre 7,7% du PIB en 1995. Cette différence d’1,1point de PIB marque une tendance au désinvestissement par rapport aux années 1990. Cette baisse est loin d’être négligeable puisqu’elle représente l’équivalent de 33 Mds€, soit plus de la moitié du budget de l’Etat alloué au ministère de l’Education nationale..

Sources :


Recrutements

  • Le ministère, après avoir dégradé les conditions de travail (salaires insuffisants, charge de travail accrue, effectifs surchargés, réformes incessantes et cassant le sens du métier…), prend prétexte de la baisse des candidats aux concours pour recruter davantage par des contrats précaires. Or, c’est un bien un choix idéologique (pour précariser et manipuler plus facilement les agents) car même quand il y a assez de candidat.es, le ministère refuse d’augmenter les places aux concours. On le voit très clairement avec le recrutement en EPS. Alors qu’il y a 4,4 fois plus de candidats que de postes aux concours, le ministère refuse d’augmenter les postes aux concours alors que chaque année, des milliers d’élèves se retrouvent sans professeur.e d’EPS pendant plusieurs mois…
  • Pour palier ces heures perdues, le SNEP-FSU estime qu’il faudrait 1500 postes au concours du CAPEPS pendant au moins 5 ans pour résorber les trous dans la raquette. Cet investissement représente environ 45 millions€/an, c’est-à-dire à peine 0,6% de la rallonge de 7 milliards accordée sans hésitation au budget de l’Armée pour 2027…

Sources :


Violences

  • Le mouvement lycéen est réprimé de façon très dure par le gouvernement, alors que la majorité des élèves sont mineurs. En à peine deux semaines, la répression du mouvement lycéen a battu des records d’arbitraire et de brutalité, avec 6547 jeunes interpellés (chiffres du ministère de l’Intérieur communiqués avant la manifestation du 8 octobre). L’immense majorité étant mineure (87%). À titre de comparaison, pendant les six premiers mois du mouvement des Gilets jaunes, moins de 12 000 personnes (adultes) avaient été interpellées.
    À Tours (Indre-et-Loire), un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage. Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens (Pas-de-Calais). Un autre a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), après un tir de grenade lacrymogène. De nombreuses associations, syndicats et partis politiques alertent sur les conséquences dramatiques des choix du ministre de l’intérieur, disant n’appeler à « aucune retenue ».
    La LDH, la Ligue des droits de l’homme (LDH) voit « le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre », etavec Amnesty International et l’ONU, expriment leurs vives inquiétudes et appellent à une désescalade.
  • Le sociologue Sébastien Roché, spécialiste de la gestion des foules par la police, affirme que « la politique agressive de la police contre la jeunesse n’a jamais connue une telle ampleur ». La différence de réponses apportées aux débordements (non-acceptables) accompagnant le mouvement lycéen et ceux par exemple des syndicats d’agriculteurs (FNSEA, JA) en janvier 2024 interroge sérieusement sur l’impartialité du pouvoir.
  • Quand aux armes utilisées, la France est le seul pays d’Europe à utiliser les grenades de désencerclement (classées comme arme de guerre) dans l’encadrement des manifestations.
    Une pétition vise à en interdire l’usage (site de l’assemblée nationale, Stop à la répression des jeunes : l’école n’est pas un champ de bataille, 08/10/2026).

Sources :


Classes les plus chargées

Les effectifs de classe en France sont depuis 2021 les plus chargés d’Europe au sein des « pays riches » (selon la dernière étude OCDE de 2025 comparant cet indicateur).
La tendance est valable aux différents niveaux de scolarité et s’avère maximale au niveau collège avec la 24ème place sur 24 ! C’est la place peu reluisante de la France parmi les pays d’europe membres de l’OCDE en 2025, pour ses effectifs de classe en collège.
Depuis 2021, la France est donc à la dernière place de tout le continent Européen !
La France affiche 4,5 élèves de plus par classe par rapport à la moyenne des pays européens (25,4 versus 20,9).
L’indicateur OCDE (D2.1: average classe size) nous révèle également qu’entre 2005 et 2023, la taille des classes a diminué en moyenne de -7,5% dans les pays membres de l’UE (et -5,4% dans les pays de l’OCDE), mais qu’en France, la tendance constatée fut inverse avec une augmentation de +6%…

Sources :


Précarité

  • 29% des étudiant.es vivent sous le seuil de pauvreté (Baromètre Ifop). 50% des étudiant.es ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières. Et 23% à plusieurs reprises chaque mois…1/3 des étudiant·es finissent le mois avec moins de 50 € pour faire face aux frais de santé, de loisirs et aux imprévus. 90% ont vécu des périodes de détresse psychologique (Enquête sur la précarité étudiante).
  • Les enseignant.es ont perdu 30% de leur salaire par rapport aux autres professions en 30 ans. En comparaison des autres fonctionnaires de catégorie A, les enseignants ont un salaire net inférieur de – 914€/mois (Rapport Fonction publique 2025, p109)

Sources :

Lucas Chancel, la chute du salaire enseignant


Bâti scolaire

Les épisodes de canicule et de froid ne font que mettre en lumière la vétusté d’une grande partie des écoles et établissements scolaires publiques, où les températures peuvent aller de 8 à plus de 36 degrés :

  • 86% des établissements scolaires devraient être rénovés
  • au moins 10% présenteraient un état de vétusté important
  • 43 % des établissements ne disposent même pas de volets pour protéger les élèves de la chaleur l’été

La baisse drastique du fond vert : il est passé de 2,5 milliards en 2024 à 1,15 milliard en 2025, il atteindra à peine les 850 millions d’euros en 2026.

Fin juin 2026, en pleine canicule, une enveloppe de près de 60 millions d’euros avait été annoncée pour la rénovation thermique du bâti scolaire. Au cœur de l’été, le gouvernement a décidé d’amputer l’enveloppe financière de 40 millions.

Sources :


Un autre budget est possible

Le budget se constitue de recettes et de dépenses.

Le gouvernement propose un budget basé uniquement sur la réduction des dépenses en justifiant ses choix par la « dette ». Mais d’autres choix sont possibles : augmenter les recettes pour dépenser au service de toutes et tous. Faire le choix des services publics, c’est faire le choix de plus de justice fiscale et sociale.

Source :


La suppression des moyens de remplacement

Sous la pression de la mobilisation lycéenne, le 8 octobre, E ; Geffray, a annoncé un plan d’urgence pour remplacer les professeurs absents en lycée en déployant 3000 enseignants remplaçant qui ne seraient pas devant élèves.

En 10 ans de Macronisme, la capacité de remplacement a été divisé par 2 en EPS.

Dans l’urgence, la promesse de recrutement d’enseignant·es contractuel·les vient poursuivre la politique de précarisation du corps enseignants. En parallèle, son le projet de budget 2027 ; le gouvernement prévoit la suppression de 1 588 postes d’enseignants.

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