Une réforme de la formation des enseignant·es (FDE) pour une autre école… et au bénéfice du privé ?

Par Pascal ANGER

La conception de la FDE préfigure un autre projet de société et de la fonction de l’école.

La réforme en cours rebat fondamentalement les cartes à travers :

  • ses finalités (mainmise de l’employeur Ministère de l’Éducation Nationale qui entend formater les cursus) pour avoir des enseignant·es d’exécution et non de conception.
  • ses modalités : concours en cours de L3 donc moins d’enseignements universitaires jusqu’en M2E incluant les APSA, moins de place pour les savoirs académiques et d’initiation à la recherche, soit une formation de plus en plus « dés-universitarisée ».
  • ses lieux de formations (quid de l’avenir des INSPE et formateur·rices au sein de l’université ?).

Ces visées politiques s’accompagnent d’un sous-financement dans un contexte d’asphyxie budgétaire des universités ( + de 80 % en déficit – du jamais vu).

Ce sous-financement délibéré crée un marché pour le secteur privé. Par exemple, il n’est pas prévu dans nombre d’INSPE d’accueillir les non-lauréat·es en master. Des diplômes universitaires (DU) seront proposés par certaines universités pour compenser cela, mais ces DU seront payants. Les inégalités territoriales face à la formation vont s’amplifier.

Un marché va se développer comme il a déjà commencé pour la prépa concours.

Cette intrusion du privé dans la formation et l’université produit un « bain idéologique » où tout se confond et mine l’école publique laïque.

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