Notre modèle social à un tournant
Nous n’en ferons jamais assez ! Pour le néolibéralisme que nous connaissons, il y a une constante : produire de la richesse ne peut passer que par une baisse des coûts du travail et la réduction de la dépense publique. Il faut donc payer moins, protéger moins, réduire à portion congrue les services publics et faire travailler plus longtemps. Peu importe que vous exerciez un métier qui peut être « pénible », que vous soyez usé·es, fatigué·es, que vos temps de travail soient dans les plus élevés d’Europe, que vos conditions d’exercice soient déplorables… , l’essentiel est que vous puissiez travailler beaucoup et longtemps pour satisfaire aux appétits économiques et que cela puisse répondre aux diktats européens. La protection sociale, l’égalité femmes/hommes, les enjeux de transition écologique ne sont, dans cet espace et cette vision, que des coûts à contrôler voire à réduire.
Les mensonges et arguties utilisés à l’occasion de la réforme des retraites par les tenants du « travailler plus et plus longtemps » ne visent qu’à nous faire croire qu’il s’agit de sauver notre modèle social alors qu’ils ne cherchent qu’à le transformer en profondeur : « on vit plus vieux donc on doit travailler plus longtemps », « avec les exosquelettes il n’y aurait plus de pénibilité », « les régimes spéciaux sont un anachronisme », …
Le million de signatures de la pétition contre la réforme des retraites, les mobilisations massives des 19, 31 janvier, 7 février et suivantes montrent que la population n’est pas dupe et exige le retrait de ce projet. Les débats en cours de l’assemblée sont révélateurs de l’affrontement de deux visions du monde avec d’un côté une volonté de partage des richesses pour un mieux vivre pour toutes et tous et, de l’autre, une vision comptable déshumanisée. Quel décalage dans les expressions des promoteurs de la réforme avec la réalité de ce que vivent au quotidien nombre de français·es en situation de travail ! Quel mépris du gouvernement qui refuse d’entendre la grogne qui s’exprime et s’arc-boute sur sa réforme… Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, mais en étant encore plus nombreux et nombreuses à crier notre colère et notre volonté de voir une tout autre réforme prendre corps, il est tout à fait possible de devenir encore plus audible et de gagner.
Alors tous et toutes ensemble, faisons du bruit en participant très massivement aux prochaines mobilisations !





