Bulletin 1001 – Septembre 2022

Rentrée 2022, l’heure des choix !

La dégradation de notre discipline et de nos métiers, largement entamée sous l’ère Blanquer, est en passe de franchir une nouvelle étape. La revalorisation historique du métier d’enseignant mise en avant à grand renfort de déclaration n’aura pas lieu. Pire, après Sarkozy qui avait annoncé vouloir un «deal» emplois contre rémunération qui se sera soldé par une suppression de postes sans précédent continuée par Macron 1, il nous est maintenant proposé un «deal» supplément de rémunération contre supplément de tâches et travail à accomplir. Ceci au mépris de nos statuts avec la volonté d’accélérer ainsi leur fragilisation. C’est un des objectifs du fameux CNR, entendre Conseil National de la Refondation, voulu par Macron 2 et accompagné par le nouveau ministre de l’Éducation. Il nous reviendrait de négocier nous-mêmes nos propres dégradations… Inadmissible !

C’est aussi, alors que le besoin de pratiques physiques et le rôle primordial de l’École dans cet objectif sont reconnus, l’expérimentation de deux heures de sport supplémentaires au collège qui fait fi de l’EPS, du sport scolaire, des sections sportives… Devant les difficultés territoriales (manque de structures associatives et de clubs par endroit) générant des inégalités pour mettre en œuvre ce dispositif qui, in fine, ne s’adressera pas au public qui en aurait le plus besoin. En effet, compte tenu du caractère volontaire permettant aux élèves ayant le moins d’appétence pour le sport de s’en exonérer, il est proposé aux enseignants d’EPS de le mettre en œuvre. Cette sollicitation des enseignants d’EPS pourrait se faire, à en croire une expression de la ministre des Sports, dans le cadre du bénévolat… Ces deux heures de sport au collège ainsi que les trente minutes d’activités par jour dans le primaire (dispositifs non pérennes et qui ne fonctionnent pas au regard de l’histoire de notre discipline depuis les années 70) seraient le fameux héritage immatériel des JOP de Paris 2024… De qui se moque-t-on ?

Combien de temps encore laisserons nous faire ces politiques destructrices du service public d’éducation et du sport ? Nos métiers sont en danger. Ils le sont à bas bruit mais les enjeux sont lourds pour notre avenir, notre discipline, notre profession. Les quatre heures d’EPS pour tous et toutes que nous revendiquons, avec les conditions et les moyens pour les réaliser, dans le cadre d’une refonte globale du système éducatif, sont une nécessité et un incontournable si on souhaite une nouvelle dynamique vers « une jeunesse plus sportive » et une démocratisation de la réussite scolaire.

La rentrée 2022 enclenche une année scolaire dans laquelle l’engagement et les mobilisations de chacun·e seront primordiaux.

Bonne rentrée exigeante et combattive pour nos élèves et pour l’EPS !

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