par Fabrice ALLAIN
De nouveaux programmes pour le collège étaient en cours d’écriture depuis le printemps 2025. Le SNEP-FSU, qui s’est exprimé à de nombreuses reprises pour contester la mise à distance de la représentation syndicale dans le processus d’élaboration du texte, a poursuivi ses sollicitations régulières auprès du ministère et de la DGESCO.
Lors d’une audience obtenue auprès d’E. Geffray le 13 janvier 2026, le SNEP-FSU a pu aborder un large panel de questions propres à la discipline et aux personnels dont la question des programmes. La définition et la place des savoirs spécifiques en EPS a été mise en avant, comme la construction des programmes, des barèmes certificatifs communs au lycée. Le ministre s’était alors engagé à rencontrer l’inspection générale.
La définition et la place des savoirs spécifiques en EPS a été mise en avant, comme la construction des programmes…
Lors d’une nouvelle rencontre avec le cabinet d’E. Geffray le 16 avril, la place trop importante des compétences méthodologiques et sociales a été abordée. Le SNEP-FSU a porté leur réduction dans le cadre des évaluations, car elles sont génératrices d’inégalités liées aux profils sociaux et scolaires des élèves. Le SNEP-FSU a réitéré sa critique des champs d’apprentissage et fait des propositions alternatives comme la division du champ 4. Celle-ci permet ainsi d’identifier clairement les objets culturels visés par les apprentissages.
Le SNEP-FSU reconnait que le projet comporte des avancées, notamment sur la fonction des programmes et la définition des savoirs attendus mais demande explicitement que les exemples de réussite soient intégrés comme attendus dans les APSA, et non maintenus comme de simples illustrations.
Cette évolution s’inscrirait dans l’histoire des programmes d’EPS : après le passage des instructions officielles aux programmes en 1996 (visant à articuler savoirs et finalités), puis la rupture de 2015 marquée par la disparition d’attendus précis dans les APSA,
il serait pertinent de réintroduire cette dimension structurante. Les champs d’apprentissage continuent de structurer la matrice disciplinaire depuis 2015. Ils sont censés définir des contextes de pratique correspondant à des façons d’agir spécifiques.
Or, cette définition interroge : existe-t-il réellement une cohérence entre des activités aussi diverses que la natation et l’athlétisme, ou encore le tennis de table et le rugby, ou la danse et la gymnastique ?
L’absence de cadrage précis des savoirs entraîne plusieurs conséquences :
- un renforcement des inégalités entre les élèves ;
- une difficulté à s’extraire des contraintes locales et des cultures d’établissement ;
- un affaiblissement du travail didactique centré sur les APSA ;
- une remise en question de la construction d’une culture commune en EPS.
En comparaison avec les programmes des autres disciplines, l’EPS fait exception.
Le 4 juin, le SNEP-FSU obtient une nouvelle audience avec E. Geffray et porte une nouvelle fois :
- la nécessité de rouvrir le chantier des champs d’apprentissage, en priorité le champ 4 pour rééquilibrer la place des sports collectifs et la place du CA 5 au lycée
- la nécessité de définir les savoirs spécifiques à enseigner et de réduire la place des CMS qui renforcent les inégalités scolaires et dé-disciplinarisent l’EPS au profit d’enjeux utilitaires et contributifs. Si la transversalité et l’interdisciplinarité sont des modalités qui concourent au cursus éducatif, elles ne doivent pas venir en premier avant l’acquisition de savoirs spécifiques.
Pour conclure l’année, J.B. Rota, conseiller d’E. Geffray, a été saisi par le ministre et a reçu le SNEP-FSU le 17 juillet afin de poursuivre les concertations.
La question programmatique et plus largement celles relatives à la définition et à l’organisation des savoirs à enseigner participent des projets d’école et de société portés par le SNEP-FSU. L’ambition d’enseigner et de faire apprendre des savoirs constitutifs d’une culture commune doit s’effectuer dans un cadre national garant de l’égalité entre les élèves.
En lieu et place d’intentions passe-partout, la définition d’apprentissages porteurs de sens est indispensable pour garantir l’acquisition de nouveaux pouvoirs d’agir à même de permettre l’engagement dans une vie physique lucide et cultivée pendant et après le cursus scolaire. Promouvant l’accès à la culture pour tous·tes dans une visée émancipatrice, le SNEP-FSU revendique l’étude des activités physiques, sportives et artistiques comme définition de l’EPS.
La question programmatique et plus largement celles relatives à la définition et à l’organisation des savoirs à enseigner participent des projets d’école et de société portés par le SNEP-FSU. L’ambition d’enseigner et de faire apprendre des savoirs constitutifs d’une culture commune doit s’effectuer dans un cadre national garant de l’égalité entre les élèves.
En lieu et place d’intentions passe-partout, la définition d’apprentissages porteurs de sens est indispensable pour garantir l’acquisition de nouveaux pouvoirs d’agir à même de permettre l’engagement dans une vie physique lucide et cultivée pendant et après le cursus scolaire. Promouvant l’accès à la culture pour tous·tes dans une visée émancipatrice, le SNEP-FSU revendique l’étude des activités physiques, sportives et artistiques comme définition de l’EPS.
Grâce à l’action syndicale du SNEP-FSU, le chantier des programmes de collège reste ouvert. Le SNEP-FSU est engagé avec opiniâtreté à poursuivre les concertations et défendre ses propositions.





