Par Gwénaëlle NATTER
Quand on amène son enfant dans un « club sportif » ou une « salle de sport », ou qu’on s’y inscrit soi-même, l’objectif est de pratiquer son sport préféré dans un cadre sécurisé, avec un encadrement de qualité, que celui-ci soit salarié ou bénévole. Le ministère chargé des sports est d’ailleurs chargé de s’assurer que cette condition est remplie, quels que soient le lieu et la forme de pratique. Mais est-on conscient·e qu’il existe des différences entre les salles privées marchandes et les associations sportives qui bénéficient d’une délégation de service public ?
Qu’est-ce qu’on paie ?
Lorsqu’on s’inscrit dans une salle de sport (société commerciale) de fitness, escalade, soccer, piscine…), on achète une prestation de service (EX : des cours de sport). On paie une facture à une entreprise, dont l’objectif est d’avoir un chiffre d’affaires permettant de dégager un maximum de bénéfices, qui sont reversés sous forme de dividendes à des actionnaires.
Lorsqu’on adhère à un club sportif (association), on rejoint un collectif de personnes qui partagent un objectif commun et permanent, celui de pratiquer, promouvoir et organiser une ou plusieurs activités physiques et sportives. Le tarif d’inscription comprend généralement une cotisation fédérale, une assurance et une adhésion à l’association et à son projet. La cotisation fédérale se manifeste par la délivrance d’une licence sportive, qui permet notamment de pratiquer en compétition ou de se former pour devenir juge/arbitre ou animateur·rice fédéral·e. Elle est reversée par le club à la fédération sportive à laquelle elle adhère. La part correspondant à l’assurance proposée par la fédération et/ou souscrite par l’association ne reste pas dans les recettes de l’association. Seul le montant de l’adhésion est librement fixé par l’association ; il permet d’acheter du matériel et des tenues, de payer les fluides (eau, gaz, électricité, …), d’aller en compétitions, de rémunérer les salarié·es éventuel·les, … A la fin de la saison sportive, si les dépenses engagées sont inférieures aux recettes de l’association, les bénéfices sont réinvestis dans l’association, pour son fonctionnement quotidien ou pour mener des projets spécifiques, ils ne vont pas dans les poches des dirigeant·es de l’association, qui sont des bénévoles.
S’agissant du coût de la pratique, les offres des structures privées marchandes peuvent sembler alléchantes, car c’est généralement un tarif « mensuel » qui est mis en avant, ou alors un tarif pour une entrée ou un cours. A l’inverse, les associations sportives annoncent généralement un tarif annuel pour toute la saison, même si elles offrent des facilités de paiement. Si on regarde le coût horaire de la pratique et les offres connexes, adhérer à une association coûte généralement moins cher, à qualité équivalente.
Qu’est-ce qu’on y fait ?
Dans un salle privée, on pratique et on s’en va.
Dans une association, on pratique en loisir ou en compétition, on participe à des stages, mais pas uniquement. L’association est un lieu de vie où chacun·e peut s’investir en tant que bénévole, régulier· ou occasionnel·le, qu’on soit majeur.e ou mineur·e. On peut se former et participer à l’encadrement sportif (donner des cours), devenir juge ou arbitre, ou encore contribuer à la gestion de l’association (dirigeant·es élu·es par l’assemblée générale de tous les membres). On peut aussi participer à la réussite d’événements organisés par le club, qu’ils soient sportifs (tournoi ou compétition sur place, gala de fin d’année, fête du club, …) ou extrasportifs (loto, tombola, vente de calendriers ou de chocolats, …), que ce soit dans la préparation en amont ou en aidant le jour de la manifestation. Etre bénévole dans une association sportive, c’est partager certaines valeurs et avoir l’occasion de les traduire en actes, au travers d’un engagement citoyen.
Depuis 125 ans, la loi de 1901 garantit à chacun·e la liberté de s’engager au service d’un projet collectif, c’est une liberté fondamentale qu’il faut continuer à défendre et valoriser. Dans sa communication, le gouvernement soutient les associations et les bénévoles qui les font vivre au quotidien mais, dans les faits, il se désengage. De nombreuses associations sont en difficulté et leur modèle économique est fragilisé. En tant que citoyen·ne, engageons-nous dans les associations et demandons aux pouvoirs publics d’augmenter leur soutien à celles-ci !





