Par Claire SACKEPEY
La formation continue constitue un levier essentiel du développement professionnel des enseignant·es d’EPS. Pourtant, les résultats de l’Observatoire mettent en évidence un décalage préoccupant entre les attentes du terrain et l’offre institutionnelle. Ainsi, 56,4 % des répondant·es estiment que les formations proposées ne répondent ni à leurs besoins qualitatifs ni quantitatifs. Si les refus de formation restent relativement limités, c’est avant tout l’insuffisance de l’offre qui est pointée.
Les enseignant·es expriment en effet un besoin clair : disposer de 4 à 6 jours de formation par an, quand les possibilités actuelles demeurent en deçà. Cette demande s’accompagne d’un consensus massif sur les contenus attendus. À une majorité écrasante (86,5 %), les répondant·es plébiscitent des formations centrées sur les APSA, indépendamment du sexe ou de l’ancienneté. Ce résultat, particulièrement homogène, souligne l’importance accordée à la maîtrise et à l’actualisation des pratiques d’enseignement au cœur du métier. Seule une légère inflexion apparaît chez les enseignant·es de 25 à 29 ans, davantage ouvert·es à des thématiques transversales, sans toutefois remettre en cause cette priorité.
Un autre point d’alerte concerne la formation aux premiers secours. Près de la moitié des enseignant·es (47,7 %) déclarent ne jamais en avoir bénéficié, tandis qu’une part significative y a accédé uniquement dans le cadre de fonctions de formateur. Au total, à peine 22,4 % des enseignant·es ont réellement suivi une formation répondant à ce besoin pourtant central dans leur activité quotidienne. L’analyse par ancienneté révèle en outre une diminution du recyclage avec l’expérience : plus les enseignant·es sont ancien·nes, moins ils/elles sont formé·es ou actualisent leurs compétences dans ce domaine.
Enfin, des disparités territoriales persistent. Certaines académies, comme Grenoble, se distinguent par des taux de refus particulièrement élevés, révélant des inégalités d’accès à la formation.
Ces constats appellent à repenser en profondeur la politique de formation continue : augmentation de l’offre, recentrage sur les besoins exprimés, et attention renforcée à certains enjeux prioritaires comme les premiers secours. Il s’agit de garantir à tous·tes les enseignant·es les moyens de se former, au service de leur métier et de la réussite des élèves.





