Le Sport Scolaire, un 2ème souffle pour le sport pour tous et toutes

p 13

Par Mélanie Peltier

Le Sport Scolaire est le deuxième poumon, avec les 4h d’EPS, de la démocratisation de la culture sportive. Son développement et son renforcement nécessitent des incontournables.

Dans le prolongement de l’EPS, le sport scolaire qui englobe les AS et l’UNSS, se doit de rester un service public permettant à tous et toutes, tout au long de sa scolarité, d’avoir accès à une pratique physique, sportive et artistique volontaire, régulière, à moindre coût.

Les incontournables

Le temps de l’AS et des rencontres UNSS n’est ni périscolaire, ni extrascolaire, mais bien du temps scolaire. La valorisation de la pratique associative par nos élèves doit être effective. Il doit être intégré dans les emplois du temps des élèves pour permettre aux licencié·es de s’engager dans cette pratique volontaire. Pour cela, les trois piliers de l’AS que sont : une AS obligatoire dans chaque EPLE, affiliée à l’UNSS, le forfait d’AS indivisible de 3 heures pour chaque enseignant·e d’EPS et la présidence de l’AS par la·le chef·fe d’établissement, doivent être réaffirmés partout.

Donner aux AS les moyens pour fonctionner

Les attaques et autres mises en difficulté des AS ne manquent pas et cela est particulièrement vrai dans les lycées. La réforme Blanquer n’a fait qu’accentuer les choses. Aussi, il conviendra de faire respecter la libération du mercredi après-midi en tant que temps dédié aux activités de l’AS. Les rencontres sportives et artistiques, coeur du sport scolaire et facteur motivationnel prioritaire des élèves, le nécessitent. Une grande vigilance doit s’exercer quant aux dérives vers des AS de l’entre-soi qui s’apparenteraient plutôt à une activité type Foyer Socio Éducatif qu’à un sport scolaire ouvert vers les autres et porteur d’émancipation. Afin de faciliter la stabilité financière de l’AS, le CA de l’EPLE peut lui attribuer une subvention. Par ailleurs, la restauration et les transports scolaires doivent être assurés pour permettre les entrainements et les rencontres le mercredi après-midi. Enfin, un accès à des équipements sportifs, variés et répondant à la programmation de l’AS, est un élément majeur pour permettre son bon fonctionnement et son développement.

Quels contenus et objectifs pour un sport scolaire émancipateur ?

Une réflexion urgente est à mener sur les contenus et les objectifs du sport scolaire. Le manque de dialogue avec la direction nationale UNSS est criant. Dans un contexte de sédentarité croissante des jeunes, nous dénonçons fortement la promotion du e-sport et des projets distanciels quand il faudrait redonner toute leur place aux rencontres en présentiel. Les activités artistiques sont par ailleurs toujours insuffisamment reconnues dans leur spécificité. Les manifestations et événements promotionnels ne sauraient se substituer aux entrainements et à un engagement hebdomadaire qui permettent les progrès et nourrissent l’appétence à la pratique régulière. Nous devons permettre à tous les élèves filles et garçons d’y trouver leur place.

un Sport Scolaire attractif et facilement accessible à tous et toutes est un levier pour davantage d’apprentissages sportifs et artistiques…

Pour lutter contre les inégalités, nous nous devons de proposer de nouvelles formes de pratiques et de rencontres, renforcer sans les imposer les équipes mixtes, y compris au niveau départemental et académique. Par ailleurs, les rôles de jeunes officiel·les qui furent une innovation de l’UNSS se sont multipliés ces dernières années et sont mis en exergue par la direction nationale UNSS. S’ils sont parfaitement légitimes et ont du sens pour former nos élèves à la variété des champs du monde associatif, ils n’ont de sens que s’ils sont mis en oeuvre dans le cadre d’une rencontre. Ils ne sauraient se substituer à une pratique physique régulière. Le temps nécessaire à la formation de ces JO interroge également sur le volume du forfait d’AS qui semble désormais insuffisant devant la multiplication des tâches.

L’EPS, les AS, les sections sportives scolaires : pour toujours plus de pratiques physiques sportives et artistiques

Enfin, les AS peuvent être un trait d’union entre le monde scolaire et le monde associatif avec la mise en place de conventions (entrainements communs, rencontres, prêt de matériel, accès aux installations, etc.). En plus des AS obligatoires, la création de sections sportives scolaires, à l’initiative

des équipes EPS, favorise les synergies entre ces deux milieux. Pour cela, il conviendrait de doter tous les établissements de moyens de fonctionnement suffisants et fléchés dans les DHG. De façon plus globale, en collèges comme en lycées, au moins un dispositif spécifique en EPS doit être créé (section sportive scolaire, option EPS, spécialité,…). Tous et toutes les élèves qui le souhaitent doivent pouvoir accéder à celui-ci. Une grande vigilance doit s’exercer quant à la mise en concurrence des AS avec des dispositifs type 2S2C et une potentielle externalisation des apprentissages sportifs, voire la privatisation de ceux-ci.

C’est en s’enrichissant de nouveaux pouvoirs moteurs que nos élèves prennent confiance en eux et osent découvrir de nouvelles pratiques. Quatre heures d’EPS obligatoire pour tous les élèves, un sport scolaire attractif et facilement accessible à tous et toutes, sont des leviers pour davantage d’apprentissages sportifs et artistiques, favorables à un accès et à un engagement dans les pratiques associatives sur le long terme.

PARTAGER
IMPRIMER
Print Friendly, PDF & Email

Nos lecteurs aiment aussi...

edito sport scolaire

Le ministère n’écoute toujours pas les alertes du SNEP-FSU

Le protocole UNSS a pris fin le 15 novembre mais à ce jour toujours aucun protocole sport scolaire. Les rencontres, y compris celles en extérieur ne réunissant pourtant parfois que peu d’équipes, sont toujours annulées dans de nombreux départements.

enquete as

Fonctionnement des AS – Enquête 2021

Cette enquête dresse un bilan très inquiétant avec, par rapport à octobre 2020, une baisse de 32% de licences en collège et 45% en lycées et seulement 19% de reprise des rencontres de district.