Cette réunion de la formation spécialisée en santé, sécurité et conditions de travail du Comité Social d’Administration Ministériel de la Jeunesse et des Sports se tient au moment où la France subit une nouvelle vague de chaleur. Depuis le28 mai dernier, le ministère dispose d’un plan de gestion des vagues de chaleur. Pour la FSU, ce plan est nécessaire mais il n’est pas suffisant.
Il a été travaillé avec nos collègues de la FS-SSCT du CSA MEN, mais les représentant.es du périmètre J&S que nous sommes n’ont jamais été sollicité.es. Et ce plan a ensuite été publié dans l’urgence sans retour ni validation des instances concernées.
De plus, face à l’exposition à ce risque, les réponses apportées par notre employeur, ne sont pas à la hauteur des enjeux et se limitent, pour le mieux, à un niveau de prévention secondaire (EX : adaptation des horaires). Il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique de prévention primaire reposant sur une refondation majeure du bâti scolaire et des établissements du sport, des installations sportives et des bâtiments administratifs (DRAJES/SDJES/AC), dépassant le seul objectif d’adaptation du fonctionnement des services et établissements en cas de vague de chaleur, afin de répondre aux enjeux des changements climatiques sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’accueil des usager.es des services publics de l’éducation, de la jeunesse et des sports.
D’ailleurs, cette revendication d’un véritable plan de rénovation / construction des bâtiments administratifs et des installations sportives répondrait à une deuxième problématique : celle de l’amiante. Lors de la FS-SSCT du CSA MEN du 09 juin, nos collègues ont dénoncé l’invisibilisation des enseignant.es d’EPS quant à l’exposition au risque amiante, les installations sportives n’étant jamais citées alors qu’il s’agit de leurs salles de classe. Qu’en est-il concernant Jeunesse et Sports ? Là encore, les membres de la FS-SSCT du CSA MJS n’ont pas été sollicité.es, alors qu’il existe des spécificités à prendre en compte, comme par exemple la diversité des lieux de travail, la vétusté des installations ou encore la multiplicité des propriétaires à solliciter pour récupérer les dossiers techniques amiante (DTA) et les autres documents en lien avec l’évaluation et la prévention des risques professionnels. Cette spécificité concerne notamment nos collègues CTS, mais pas uniquement. Ces derniers mois, nous vous avons fait part de plusieurs exemples récents de situations d’exposition potentielle à l’amiante de personnels J&S en DRAJES et en SDJES, ainsi que de collègues J&S qui en sont décédé.es (mésothéliome). Comme vous avez commencé à la faire dans le milieu scolaire, nous vous demandons d’investiguer l’environnement de travail Jeunesse et Sports. Notre employeur est responsable de notre santé, quelles que soient nos unités de travail !
Toujours dans le registre des travaux menés avec nos collègues du périmètre EN mais pas avec nous dans le périmètre JS, nous nous interrogeons sur l’absence de présentation du rapport annuel d’activité des inspecteur.rices santé sécurité au travail (ISST) dans notre instance. Le rapport 2024/2025 a été présenté le 09/06/26 à nos collègues de la FS-SSCT du CSA MEN, il comportait d’ailleurs un point sur la « visite des directions jeunesse et sports » tandis que d’autres points relatifs aux « services administratifs » en général concernent aussi notre périmètre des DRAJES et SDJES. Nous savons que les établissements du sport ne relèvent pas des ISST académiques mais de l’IGESR. Et nous souhaitons évidemment disposer de l’ensemble des éléments consolidés pour notre périmètre. Quand avez-vous prévu de nous présenter ces rapports ?
Avant de rappeler quelques demandes spécifiques à nos collègues J&S, nous tenons à dénoncer à nouveau ici l’attitude du gouvernement qui continue de maltraiter les agent.es qui portent les services publics, refusant d’entendre l’urgence salariale dans la Fonction Publique (3e courrier de l’intersyndicale au premier Ministre 10/06/26) mais n’hésitant pas à cibler encore une fois les personnels touchés par des problèmes de santé (cf. projets de mesures / arrêts de travail et temps partiel thérapeutique). Avec la FSU, nous nous opposons à ces nouveaux reculs et continuons de nous battre pour défendre les droits des personnels, en obtenir de nouveaux ainsi que l’amélioration de nos conditions de travail (CP FSU du 03/06/26).
Enfin, nous ne pouvons pas conclure cette déclaration sans dénoncer, une nouvelle fois, le manque de reconnaissance de nos métiers, facteur de mal-être de nos collègues J&S, qui se manifeste notamment par :
- le refus du guichet unique de la Fonction Publique de revaloriser nos métiers et de reconnaitre le parallélisme
- des corps propres J&S (PTP / IJS) avec ceux de l’Education Nationale (enseignant.es / IEN et IA-IPR) ou encore
- l’impossibilité d’accéder aux postes fonctionnels EN pour des personnels JS (alors que l’inverse existe)
- la volonté de nos directions métiers (DS et DJEPVA) de transformer le métier de personnel technique et pédagogique en celui de contrôleur/inspecteur/enquêteur
- l’impossibilité de se former pour beaucoup de collègues J&S, faute de moyens suffisants dédiés à la formation professionnelle des personnels J&S, incluant les frais de mission (déplacement, hébergement, restauration) pour participer aux stages du Plan National de Formation
- le manque de prise en compte des spécificités J&S dans les rectorats, aussi bien dans les actes de gestion RH que dans l’organisation du travail ou le décompte du temps de travail …
- le management toxique d’un certain nombre de chef.fes de service ou d’établissement mais aussi, pour ce qui nous concerne plus directement dans cette instance, l’absence de réponse à nos précédentes interpellations au sujet de la prise en charge financière de certains vaccins ou encore des équipements de protection individuels (EPI) pour les CTS et FOR dans certaines disciplines sportives.
Cela fait déjà 5 ans que J&S a rejoint l’Education Nationale et que nous vous alertons sur les mêmes difficultés ! Il est grand temps que des solutions concrètes aux problèmes exposés soient trouvées, avec une réelle prise en compte des spécificités J&S. Les agent.es n’en peuvent plus d’être dans l’impossibilité d’exercer le métier qu’ils/elles ont choisi, souvent par passion !
Merci de votre attention.





