par Lucile GRÉS
Selon le Ministre de l’Éducation Nationale « nos élèves doivent être protégés, singulièrement contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dont ils pourraient faire l’objet ». L’élargissement du questionnaire harcèlement à un volet VSS, serait, selon lui, un levier pour mieux repérer et orienter les élèves qui auraient été victimes. Pour le SNEP-FSU cette annonce est une énième stratégie de communication, qui ne sera en rien suivie d’effets.
Sur la forme, recueillir la parole des enfants par le biais d’un questionnaire est contre-productif. L’enfant doit pouvoir identifier une personne et s’y référer. Cette « méthode » révèle également une méconnaissance des mécanismes à l’œuvre chez les victimes de violence. Les phénomènes de sidération et de dissociation empêchent les victimes de réagir ou de s’exprimer, phénomènes décuplés quand l’agresseur·euse impose le silence et le secret.
Sur le fond, comment prendre en charge et orienter les élèves victimes, quand l’École compte 1 médecin scolaire pour 13 000 élèves et 1 personnel infirmier pour 1 300 ? Selon la CIVIISE « la révélation sans protection est une mise en danger supplémentaire ». Le recueil de la parole et l’accompagnement des victimes ne s’improvisent pas, comment les personnels vont-ils/elles être formé·es ? Le volet de la formation fait partie des préconisations de la CIVIISE, ainsi qu’un entretien individuel pour chaque enfant et un parcours de soins financé pour chaque victime. Pour le SNEP-FSU, le ministère serait bien inspiré de développer les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ces préconisations et de rendre effectives les 3h d’EVARS à tous les niveaux de la scolarité. La proposition d’une loi-cadre intégrale contre les Violences Sexuelles et Sexistes, portée par une coalition féministe dont la FSU fait partie, porte des propositions en ce sens. Le SNEP-FSU continuera à se mobiliser pour que le chantier parlementaire qui s’ouvre ce lundi 7 septembre aboutisse au vote de cette loi le plus rapidement possible.





