STAPS : préparer un concours sans dénaturer la formation,

Par Gilles Renault

La modification du concours en L3 met sous tension cette 3ème année à l’université qui doit préparer à un concours, tout en continuant à apporter des connaissances et savoir relatifs à une licence.

L’arrivée du concours en L3 a des conséquences particulières en EPS. En premier lieu, les effectifs en STAPS sont très nombreux pour un nombre de places restreint. Les équipes sont confrontés à un dilemme : dans quelle mesure peut-on préparer au concours tout en sachant que moins d’1 étudiant sur 10 sera lauréat·e ?

Le CAPEPS n’est pas un CAPES d’EPS ; la seule licence acceptée comme condition d’inscription au concours est une licence STAPS. Cette dernière donne des prérogatives spécifiques à son/sa titulaire selon le code du sport. Là encore, dans quelle mesure peut-on adapter la licence STAPS pour plus de préparation au concours, sans dénaturer la formation ?

De la même manière, les épreuves relatives aux APSA du concours ne peuvent pas guider la formation en licence. Limiter la formation aux APSA en STAPS à la liste d’APSA du concours constitue une vision réductrice de la culture des APSA, dans un concours ramené en cours de troisième année. Comment les étudiant·es vont-ils être outillé·es pour leur entrée dans le métier ? Quelles vont être leurs connaissances ? Si l’enseignement des savoirs technologiques sur les APSA peut être approfondi en master M2E, le cadre du master M2E est tellement large que les personnels en INSPE seront bien en difficulté pour former les lauréat·es sur les questions technologie des APSA, Sciences de l’intervention, histoire… Dès lors, la question de la part des enseignements assurés par les personnels STAPS dans les masters M2E dispensés par les INSPE fait l’objet d’âpres discussions.

L’inégalité de distribution des moyens dans les STAPS crée des inégalités dans les enseignements. STAPS préparant au concours, STAPS n’y préparant pas. STAPS en lien avec un INSPE n’acceptant pas les non-lauréat·es ou non. STAPS en lien avec les INSPE, STAPS coupés des INSPE…
Ce risque de dislocation à venir du service de formation aux métiers du sport et de l’Éducation est lâchement justifié par la fameuse « autonomie des universités ».

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