Plongé·es dans l’incertitude, les étudiant·es de Tarbes et de Pau subissent une réforme improvisée, sans moyens ni visibilité. Entre absence d’informations, réorganisation précipitée et sentiment d’injustice, la formation en STAPS se retrouve au bord de la rupture. Témoignage de Gwenaelle Van melle, PRAG EPS- STAPS Tarbes.
Cette nouvelle réforme de la formation, a plongé nos étudiant·es du STAPS de Tarbes et de l’INSPE de Pau dans un climat d’incertitude : ouverture ou non d’un nouveau Master dit « M2E » aux non lauréat·es ? Nombre de places ? Et ainsi un risque accru d’abandon ou de réorientation de nos étudiant·es.
À l’UPPA1 il nous a été assurée l’ouverture d’un M2E dans les conditions actuelles, soit 2 groupes de 25 étudiant·es pour la rentrée 2026. Mais peut-on croire de belles promesses un jour, parfois vite transformées en un volte-face le lendemain ?
S’ajoute l’anxiété depuis la fin de l’année 2025 sur la tenue ou non du concours sans vote du budget ? J’ai même un étudiant qui m’a sollicité pendant ces vacances de Noël sur cet état de fait ! Ça en dit long sur le stress généré par ce contexte d’incertitude chez nos étudiant·es.
Nous avons fait néanmoins le choix d’accompagner au mieux nos étudiant·es dans la préparation à ce nouveau concours du CAPEPS bac+3. Sans attendre et savoir si nous aurions plus de moyens (nous avons demandé 2 modules de 60 h promis par le gouvernement. Où sont -ils ? Pas d’information à ce sujet !). Nous avons donc au dernier moment, en juin 2025, réorganisé la maquette, les contenus. Les semaines de cours ont été chargées pour les étudiant·es et les formateur·rices au semestre 5 et début du semestre 6, afin de les outiller pour les écrits des 3 et 4 mars 2026, laissant ainsi moins de temps pour étaler et donc appréhender les contenus (connaissances et méthodologie). Des étudiant·es plus en difficulté au départ se sont retrouvés plus à la peine que d’habitude. Certains d’entre eux·elles étaient sidéré·es ; comme incapables de se mettre en marche, en mouvement, en action. Comme face à un mur qui leur semblait trop haut à franchir.
Ils·elles ont l’impression de ne pas avoir de chance, d’être sacrifié·es au pilori de cette nouvelle réforme en étant en concurrence avec des M1 ayant déjà eu les contenus de cours de L3EM, qui se trouveraient avantagé·es. Sentiment d’injustice et d’inégalité.
Incertitude, non information, information contradictoire, cette génération aura subi la réforme Blanquer du bac, le Covid et maintenant ce nouveau fiasco de la réforme des enseignant·es… quel manque de respect pour cette génération déjà à la peine au niveau de leur santé mentale…
Et l’impression pour nous, formateur.rices, d’être en réforme permanente, sans jamais améliorer nos conditions d’exercice et la qualité de la formation.
- Université de Pau et des Pays de l’Adour [↩]





