La pratique physique des jeunes

lettre macron

Monsieur le Président,

Lors de votre campagne, vous avez annoncé le souhait d’augmenter la pratique physique des jeunes. Nous partageons pleinement cette volonté. En effet, les très nombreuses études montrent l’augmentation inquiétante de la sédentarité, de l’obésité, de la perte de capacité cardio-pulmonaire des jeunes etc. Il y a donc, ici, un enjeu de santé publique très fort et investir dans la pratique physique sera autant d’économie à terme pour notre système de santé.

Pour tenter d’y remédier, vous avez programmé deux heures de sport supplémentaires en collège. Pour le SNEP-FSU qui représente les professionnels de l’Éducation physique à l’École, ce dispositif ne peut correspondre aux objectifs fixés, tant de nombreux biais y sont corrélés.

Placés sur le temps périscolaire, ces deux heures ne se baseraient que sur le volontariat des jeunes, comme l’avait été en son temps l’accompagnement éducatif, et de fait, ne seraient fortement investis que les jeunes qui n’en ont pas le plus le besoin. Seuls les élèves ayant une appétence particulière pour les pratiques s’y retrouveraient et celles et ceux pour qui ce supplément serait bénéfique ne s’y adonneraient pas.

A la main des structures associatives, les clubs, ces deux heures généreraient, de facto, de grandes inégalités territoriales, de nombreux dispositifs déjà expérimentés le révèlent. En effet, la structuration du réseau sportif diffère fortement d’un territoire à l’autre et les milieux ruraux notamment seraient défavorisés en termes d’offre variée de pratiques, de lieux d’accueil du fait du manque d’infrastructures, de disponibilité de personnels formés pour l’accueil d’un public très spécifique …

Face à ces problématiques, nous pensons que seule l’École est à même de répondre à la nécessité de créer des habitus de pratique indispensables à l’apprentissage d’une gestion de vie active. Impactant l’ensemble du public scolaire, l’EPS est le lieu privilégié pour travailler à ce processus. C’est le seul moyen effectif de démocratisation des pratiques physiques, sportives et artistiques. C’est la raison pour laquelle, comme vous le verrez dans la plaquette jointe, nous appelons à renforcer les horaires d’Éducation Physique et Sportive au sein du système éducatif. Les constats très positifs que nous faisons pour les quatre heures en 5ème doivent nous conduire à étendre cet horaire au bénéfice de tous et toutes.

Par ailleurs, faciliter, encourager les temps hors les murs dans le cadre de projets sportifs qui peuvent être construits en relation avec le mouvement sportif est une piste à développer et nécessite quelques engagements, notamment en termes de financement, tant les contraintes sont actuellement fortes. Pour permettre de développer les temps de pratique il serait, dans un premier temps, essentiel de donner les moyens nécessaires à l’UNSS de pouvoir fonctionner plus efficacement encore et se centrer sur l’essentiel, à savoir la pratique effective. Alors que l’UNSS rentre parfaitement dans le cadre du développement de la pratique physique et du sport à l’École, de nombreux paramètres l’empêchent de fonctionner normalement. Renforcer l’UNSS c’est permettre à tous les collégiens un accès à moindre coût aux pratiques sportives avec des personnels formés dans chaque établissement scolaire.

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ce courrier 1,

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, nos respectueuses salutations.

  1. Documents joints à ce courrier : Plaquette « 4h d’EPS pour toutes et tous, une grande cause nationale ! », « Dix propositions pour le sport ».
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