Cour des comptes : la démocratie de l’entre-soi

Par Benoît HUBERT

L’autosatisfecit, avenir du contrôle de l’action publique ?

La nomination d’Amélie de Montchalin, ancienne ministre de l’action et des comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes et du Haut conseil des finances publiques interroge fortement sur l’indépendance nécessaire de ces institutions. N’est-il pas ubuesque d’envisager une ancienne ministre devoir, courant mai, présenter des rapports critiques sur l’exécution des budgets de l’État et de la sécurité sociale 2025 qu’elle a elle-même portés et défendus au nom du gouvernement ? Nul doute non plus que cette dernière portera un avis sans concession sur les aides dispendieuses accordées aux entreprises avec les résultats que l’on connait. Être juge et partie n’est-il pas le meilleur moyen de se distribuer facilement les bons points en justifiant toutes actions qu’on a soi-même développées ? Cette nomination à un poste clé décidée par le président de la République montre une volonté de verrouiller l’ensemble des appareils d’État et de se garantir de critiques trop acerbes sur un bilan extrêmement négatif, s’agissant notamment des comptes publics.

Cette politique de l’entre-soi et du copinage empêche toute transparence et nuit à la démocratie. Les systèmes de nomination à la main du président de la République et/ou du gouvernement doivent laisser place à des procédures plus démocratiques. Il en va de l’avenir de nos institutions. 

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