La journée de grève et de manifestation du mardi 29 septembre a été marquée par des cortèges fournis partout en France pour exiger une revalorisation immédiate et une amélioration des conditions de travail. La dynamique de cette journée s’inscrit par ailleurs dans une période de mobilisation lycéenne de grande ampleur. Les revendications portées par les lycéen·nes sont légitimes et rejoignent celles portées par le SNEP et la FSU.
- Manque de profs dans les établissements en raison des politiques austéritaires menées depuis plusieurs années.
- Sureffectifs dans les classes
- Dégradation et inadaptation du bâti scolaire
- Rejet du tri social imposé par la procédure Parcoursup
- Rejet de la réforme du lycée et de ses conséquences sur l’organisation du temps scolaire et l’éclatement des groupes classes.
Le SNEP-FSU, comme les lycéen·nes, dénonce le bilan des 10 ans de politique macroniste qui n’a cessé d’accroitre les inégalités, d’assigner la jeunesse à résidence sociale et de dégrader les service public d’éducation, dans le secondaire mais aussi dans le supérieur.
Dans cette année électorale (élections professionnelles en décembre, élection présidentielle en avril puis élections législatives), le rôle du mouvement social est central pour créer à la fois les conditions de la résistance – aux dégradations libérales et à l’avancée des idées et pratiques d’extrême droite – mais aussi de l’espoir pour nos professions et la jeunesse. La réussite du 29 septembre nous invite à poursuivre la construction d’un mouvement d’ampleur qui impose une transformation profonde des décisions politiques et budgétaires. C’est dans ce cadre que le SNEP-FSU reconnait dans le mouvement lycéen un signal fort pour prolonger et renforcer la dynamique du 29 septembre. Le SNEP-FSU appelle à se mettre en grève et participer massivement aux manifestations du mardi 6 octobre.
Expression des besoins d’un côté, surdité de l’autre.
Alors que 300 000 manifestants partout en France ont défilé mardi dernier pour dénoncer les politiques austéritaires qui affaiblissent notre service public et dégradent l’attractivité de nos métiers, E. Geffray propose un budget de l’Éducation nationale qui fait encore une fois le choix de supprimer 1 600 postes pour la rentrée 2027. A la demande des lycéens et des organisations syndicales de moyens concrets pour l’école, le ministre répond avec mépris. Le SNEP-FSU appelle à poursuivre la mobilisation dans tous les établissements.
Lors de la réunion de crise entre le ministère de l’Éducation nationale et les organisations syndicales du vendredi 2 octobre, E. Geffray a confirmé son refus d’entendre les besoins exprimés en reléguant les revendications à des particularismes locaux. Pour le SNEP-FSU c’est bien la politique éducative nationale qui est en cause et non des situations au cas par cas. Cette manière de se dédouaner de toute responsabilité est inacceptable.Par ailleurs, la « plateforme de consultation en ligne » mise en place par le ministère pour recueillir les demandes des lycéen·nes est une réponse inadaptée certainement pas à la hauteur des enjeux.
Répression et protection des élèves et des personnels
Nous relevons un grand nombre de situations où la violence des forces de l’ordre pour réprimer les mobilisations est apparue comme disproportionnée et dangereuse. Le SNEP-FSU rappelle qu’il se tient aux côtés des élèves afin de leur permettre d’exprimer démocratiquement leurs revendications. La meilleure des protections pour nos élèves est d’ouvrir les établissements pour créer les espaces d’expression nécessaires et non de leur opposer intimidation et brutalité policière à l’extérieur. Les personnels et les élèves doivent pouvoir se mobiliser en sécurité, il en va du droit du grève, de revendication et de manifestation.
La jeunesse a choisi de ne pas taire la dégradation du service public d’éducation que nous dénonçons depuis de nombreuses années. C’est une position courageuse que nous devons accompagner.
En revanche, le SNEP-FSU dénonce les actes de délinquance observés en marge des rassemblements et les attaques contre les personnels. Ils ne servent ni les revendications portées ni la poursuite de la mobilisation sociale et mettent en danger les élèves comme les personnels.
Casser les collectifs
E. Geffray a réactivé l’enseignement en distanciel que nous avons pu connaitre lors des périodes de confinement liées à l’épidémie de Covid. Profondément inégalitaire pour les élèves qui ne disposent pas tous·tes d’un matériel adapté et pour qui l’absence d’intervention pédagogique directe aggrave les difficultés scolaire, l’injonction au distanciel permet aussi de couper les liens collectivement construits et d’isoler les individus. C’est une réponse inappropriée et totalement déconnectée des attentes de la jeunesse. Le SNEP-FSU y voit un déni de dialogue social et une attaque du droit à se mobiliser.
Le SNEP-FSU appelle la profession à se mettre massivement en grève et à rejoindre les manifestations organisées le mardi 6 octobre et à renforcer la mobilisation de tous et toutes dans les établissements au moment où les discussions budgétaires ont débuté.





