Par Fabrice ALLAIN & Éric DONATE
L’observatoire révèle que les choix politiques en matière de Fonction publique (salaires, carrières) et les conditions d’exercice du métier donc d’apprentissage pour les élèves, concentrent les plus importantes difficultés du métier rapportées par les enseignant·es d’EPS.
L’amélioration des conditions d’enseignement apparait comme une priorité pour les répondant·es. Cela touche le sens du métier, la possibilité de faire apprendre tous les élèves, la capacité de mettre en œuvre une EPS de qualité. Nous pouvons penser qu’il y a là une cause importante de la chute d’attractivité du métier. Les conditions liées à l’inclusion des élèves à besoins particuliers arrivent en tête, juste devant les effectifs par classe. Faire progresser tous·tes les élèves relève du cœur du métier et n’est pas envisageable dans des classes surchargées. Rappelons ici que les classes françaises sont les plus nombreuses d’Europe. Les conditions matérielles (qualité et éloignement des équipements sportifs) sont également citées comme difficultés liées à l’acte d’enseignement.
Par ailleurs, la revalorisation salariale est également mise en avant. Les traitements indiciaires des agent·es ont perdu près d’un quart de leur valeur en euros constants depuis 25 ans. Par ailleurs, les efforts sur les débuts de carrière ne peuvent ici constituer de véritables points d’appui pour revaloriser le métier à terme puisqu’ils tassent l’évolution de la rémunération durant la carrière.
La longueur de la carrière est aussi une difficulté remontée par les répondant·es. Les résultats de l’observatoire révèlent que la longueur de la carrière apparait de manière significative comme une difficulté du métier à partir de 20 ans de carrière. Cette borne exprimée par la profession montre qu’à partir de 48 ans environ, le métier devient plus difficile à envisager dans de bonnes conditions (l’âge d’entrée moyen dans le métier est de 28 ans). Cela conforte la revendication du SNEP-FSU de bénéficier de la classification en catégorie active. On notera ici que la réforme des retraites n’est toujours pas acceptée et qu’il faudra continuer de combattre le recul de l’âge de départ qui ne sert ni les intérêts des agent·es, ni les apprentissages des élèves.
Pour le SNEP-FSU, l’enjeu de l’EPS porte sur le renforcement des apprentissages culturels, c’est-à-dire sur l’étude pratique des APSA. Les orientations programmatiques actuelles (programme cycle 3) viennent en tension avec cette ambition de la profession, reléguant les APSA au statut d’exemple…. Pour porter ce projet d’école, il faut des enseignant·es conforté·es dans leur statut et revalorisé·es, mais aussi une augmentation du volume hebdomadaire de la discipline pour porter des apprentissages exigeants, ancrés dans la culture sportive.
Cela nous conforte dans la nécessité de porter offensivement la revendication à la fois sur la revalorisation des carrières et donc la situation des personnels, sur les conditions effectives d’enseignement et la nature des apprentissages visés.





