Par Claire SACKEPEY
Tout d’abord, toutes les personnes interrogées confirment que leurs programmations s’établissent autour des APSA. Les résultats révèlent des tendances marquées, où le contexte territorial, le type d’établissement et l’ancienneté des enseignant·es façonnent profondément les choix pédagogiques.
Le badminton s’impose comme l’APSA la plus enseignée, plébiscitée par près de 30 % des enseignant·es, toutes générations et tous territoires confondus. Sa domination transversale en fait le véritable dénominateur commun de l’EPS française. Loin derrière, le demi-fond (16,3 %), la course en durée (6,9 %), la musculation (6,6 %) et l’escalade (6,5 %) complètent le podium.
L’analyse croisée avec l’ancienneté révèle un clivage générationnel net. Les enseignant·es expérimenté·es (plus de 21 ans de carrière) privilégient davantage la course en durée, la musculation, l’acrosport ou l’escalade, des pratiques peu représentées dans la formation initiale et nécessitant une expérience conséquente. À l’inverse, les plus jeunes collègues se tournent volontiers vers le handball, le basket ou l’ultimate.
Le territoire joue également un rôle structurant. En milieu rural, l’escalade et les activités de plein air tirent leur épingle du jeu, quand la musculation et le basket dominent en zone urbaine, où les équipements spécialisés sont plus accessibles.
C’est toutefois l’analyse par type d’établissement qui livre les enseignements les plus frappants. La musculation explose en lycée, tous types confondus (autour de 20 %). Le demi-fond et le combiné athlétique restent, eux, l’apanage du collège, en cohérence avec les programmes de cycle 4. Le handball, sport collectif très présent au collège, disparaît presque totalement au lycée.
Ces résultats interrogent : dans quelle mesure les choix d’APSA relèvent-ils d’une véritable liberté pédagogique, et dans quelle mesure sont-ils contraints par les équipements disponibles, les habitudes locales ou les injonctions programmatiques ? Le SNEP-FSU entend poursuivre l’analyse pour alimenter le débat sur une EPS plus émancipatrice et plus ambitieuse.





