Par Fabrice ALLAIN
Le SNEP-FSU a été reçu au ministère de l’Éducation nationale par Thomas Leroux, directeur de cabinet, et Sylvie Thirard, directrice adjointe du cabinet, le jeudi 16 avril.
Le SNEP-FSU a exposé les enjeux actuels de définition de la discipline et les dangers que les différents dispositifs (tests, 2h de sport, APQ) mis en place par le ministère représentent pour l’orientation et la définition de l’Éducation physique et sportive ainsi que pour les apprentissages des élèves.
La politique interministérielle (Éducation nationale, Jeunesse et sport) montre actuellement une cohérence d’ensemble inquiétante pour la discipline et sa fonction au sein de l’École. Les tests en 6ème, s’ils ne sont pas généralisés à l’heure actuelle, prennent une place importante dans la cohérence d’ensemble qui pilote la définition de la discipline. La santé physique accapare les finalités en établissant des groupes « à besoins » séparés des autres. Nous pouvons craindre que le dispositif des 2h de sport s’appuie sur ces tests pour constituer des groupes en forme de « remédiation » ou « d’accompagnement » pour les élèves identifié·es en difficulté. C’est faire fi de la fonction de l’école et des mécanismes d’apprentissage. Le regroupement d’élèves de même profil ne fonctionne pas, l’échec cuisant du choc des savoirs est encore suffisamment récent pour nous le rappeler. Par ailleurs, la question du sens des apprentissages doit être posée au centre des débats. Face à un gouvernement qui souhaite cocher la case santé à court terme, nous opposons des apprentissages construits sur le sens donc le plaisir, afin de structurer des habitus de pratiques pour la vie adulte.
Par ailleurs, le SNEP-FSU a rappelé le glissement vers moins de pratique que provoquent les certifications au lycée et la place trop importante occupée par les compétences méthodologiques et sociales. La répartition des points (12 points motricité et 8 points compétences méthodologiques et sociales) favorise par ailleurs les élèves scolaires et accentue les inégalités de pratique.
Le SNEP-FSU a rappelé la nécessité de revoir les groupements d’APSA dans les programmes et d’abandonner les champs d’activités qui participent d’un brouillage des apprentissages visés.
Contrairement aux orientations principalement sanitaires prises par ces dispositifs et qui répondent toutes de la « Stratégie nationale sport santé 2025 2030 » (document interministériel, mise à jour janvier 2026), le SNEP-FSU met en avant l’appropriation d’objets culturels signifiants, les APSA, par l’apprentissage des techniques.





