Le Congrès National de Guidel a marqué un tournant. Face à une rupture d’égalité républicaine de plus en plus flagrante dans les territoires ultra-marins, le SNEP-FSU a adopté une motion unitaire offensive. Ce texte ne se contente plus de lister des manques ; il pose les bases d’un nouveau contrat social et pédagogique entre l’État et ses territoires.
En finir avec la « sous-citoyenneté » administrative
L’éloignement et le climat ne peuvent plus justifier l’abandon des services publics. Aujourd’hui, le déficit structurel d’équipements et la dégradation des infrastructures à ciel ouvert exposent les élèves et les personnels à des risques sanitaires majeurs (UV, chaleur, sargasses, brumes de sable) et génèrent des temps de déplacement incompatibles avec les apprentissages.
La motion est sans appel : « Le SNEP-FSU refuse que la géographie serve de prétexte à une sous-citoyenneté administrative, sociale et pédagogique. » Pour le syndicat, la réussite des élèves exige un investissement massif pour sortir de cette précarité organisée.
Infrastructures : la « tropicalisation » comme priorité
Le premier pilier de ce plan d’urgence est la tropicalisation. Il s’agit de financer la couverture systématique des plateaux sportifs pour contrer l’exposition aux éléments. Le SNEP-FSU porte une vision moderne et écologique du bâti : « La couverture des plateaux sportifs doit intégrer l’installation de panneaux solaires, afin de produire une énergie renouvelable dédiée à l’alimentation des établissements et à la climatisation des classes. »
Cette exigence s’accompagne d’une norme de « confort thermique » incluant l’accès à l’eau potable et l’installation de citernes tampons pour garantir la continuité des cours face aux défaillances récurrentes des réseaux de distribution.
Protection sociale et retraite : le choix de la répartition
Le second pilier concerne la protection des personnels. Le syndicat réaffirme son attachement au modèle solidaire et son opposition aux dérives individuelles : « Le SNEP-FSU et sa fédération, la FSU, s’opposent à toute forme de capitalisation ou de cotisation volontaire. La revendication porte sur une pension intégrant la majoration de traitement liée à la vie chère. »
L’objectif est d’intégrer la sur-rémunération dans le calcul de la retraite via une bonification indiciaire, garantissant un niveau de vie décent « sans perte de pouvoir d’achat pour les actifs », tout en liant ce droit au maintien de la résidence sur le territoire.
Parallèlement, la motion exige le maintien intégral de la majoration en cas de maladie (CMO, CLM, CLD) et la déconjugalisation de l’ISG pour les couples.
Santé au travail et justice administrative
Reconnaître la pénibilité est une nécessité. Le métier en zone tropicale doit être classé comme métier à risque (UV, pathologies vocales, bruit), imposant un suivi médical effectif. Enfin, la nationalisation de la gestion des CIMM (Centre des Intérêts Matériels et Moraux) est revendiquée pour garantir l’équité des mutations et éviter que les droits des collègues ne soient « contournés par des dispositifs spécifiques d’attractivité » locaux.
L’égalité réelle n’est pas une option, c’est un droit. Cette motion est désormais le mandat prioritaire du Bureau National pour les négociations ministérielles à venir.





