Bulletin 984 – Février 2021 – Accès réservé

La « BLANQUEROUTE » de l’éducation physique

Les dernières communications ministérielles mettent en exergue une image de l’Education physique loin des enjeux de démocratisation, d’appropriation de savoirs, d’appréhension de la culture. Il suffirait de bouger, de « gigoter » pour répondre aux enjeux de santé pris au sens restrictif du terme. Si la volonté politique était de valoriser la pratique des activités physiques, sportives et artistiques à l’Ecole, il aurait alors été possible d’ouvrir les installations sportives couvertes à des demi-groupes, en offrant à chacun-e des masques respirants pour la pratique, comme
il s’en développe actuellement. Mais, loin d’envisager ces solutions, le ministre préfère se mettre en scène au milieu d’élèves, en costard/cravate, pour faire la démonstration que l’activité reste possible…. Mais quelle activité ?

Traiter en surface cette communication en exprimant dégoût, colère, affliction, … ne saurait suffire, parce qu’elle est bien plus profonde que cela et annonciatrice d’une volonté de transformer complètement nos métiers pour en faire les simples exécutant d’une politique de santé vue dans l’unique lutte contre l’obésité et la sédentarité. Par ailleurs, en faisant entrer d’autres acteurs, comme des fédérations sportives, elle tend
à montrer à l’opinion publique que les activités sportives sont du domaine du monde du sport, en écartant tous les professionnels du monde de l’Éducation. N’oublions pas que le ministre, à dessein, instille et développe les confusions entre l’EPS, le sport scolaire et le sport extra-scolaire sous le terme générique de « sport à l’école ».

L’Éducation Physique et Sportive est bien autre chose ! C’est ce que nous avons porté fortement lors de la « semaine de l’EPS » du mois de décembre, c’est ce que nous continuons à porter alors que nous sommes jetés à l’extérieur des installations sportives. Les propositions que nous soutenons sont d’une criante actualité, elles le sont encore plus au regard des conditions de rentrée qui se préparent et qui ont nourri les mobilisations du 26 janvier et du 4 février. Ces mobilisations doivent perdurer et nos
exigences pour une EPS revalorisée dans un autre projet d’école doivent vivre et se développer partout sur le territoire, qu’elles qu’en soient les formes.

Nous avons à construire ensemble ce que sera l’EPS de demain. Lutter contre tous les projets visant à la détruire, à l’amenuiser et, dans le même temps, promouvoir notre vision d’une EPS au service de la formation du citoyen.ne de demain est de la responsabilité de chacun-e. Ne pas accepter les dégradations et opposer un autre projet, voilà le chemin qu’il nous faut emprunter.

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