Un ministère qui agit contre les femmes !

Les  résultats de la liste d’aptitude agrégé·es sont tombés jeudi 6 juillet. Tout d’abord on a cru à une erreur mais en relisant il semble malheureusement qu’il n’y en ait pas .

En EPS, ils sont proprement et purement scandaleux. Sur 21 promotions possibles il y a 16 hommes et 5 femmes : sans rapport avec la proportion H/F des promouvables.

Nous tenons les statistiques de cette voie de promotion depuis sa création en 1984. Nous n’avions pas vu ça depuis près d’un quart de siècle. Cette voie de promotion a connu depuis sa création une discrimination historique et continue jusqu’aux années 2000. Nous avions espéré y avoir mis un terme au prix d’interventions continues, parfois très virulentes du SNEP-FSU notamment en CAPN des agrégé·es.

Mais depuis la loi de transformation de la fonction publique en 2020, ces promotions se font en toute opacité, l’administration n’a plus de compte à rendre en CAP et ça se voit ! Avoir des nominations en liste d’aptitude aussi discriminatoires à l’égard des femmes dans notre discipline, dont on sait malheureusement qu’il y règne encore beaucoup de sexisme, est une gifle adressée aux près de 13 000 femmes enseignant la discipline EPS.

Valider des listes de l’inspection générale autant en dé-faveur des femmes n’est pas possible pour nous et nous inquiète beaucoup sur la prise de conscience par notre ministère des inégalités structurelles en défaveur des femmes. Cela nous inquiète d’autant plus quand les réponses de l’administration sont de dire que c’est conjoncturel. Cela fait des années que cela est conjoncturel contre les femmes ! Ce résultat est en contradiction complète avec les lignes directrices de gestion ministérielles : « Une attention particulière est portée à l’équilibre entre les femmes et les hommes dans le choix des propositions […] Le ministère s’attache à ce que la répartition des promotions corresponde à la part respective des femmes et des hommes parmi les […] À cette fin, cet équilibre doit être respecté dans l’ensemble des actes pré- paratoires aux promotions.» La part des femmes promues cette année est de 23,81 % en décalage extrême avec leur part dans les promouvables (près de 45 %).

Ce bilan désastreux ne peut rester sans action de la DGRH.

Le SNEP-FSU a d’ores et déjà demandé des comptes, nous attendons une réponse du ministère.

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