Cette réunion de la formation spécialisée en santé, sécurité et conditions de travail du Comité Social d’Administration Ministériel de la Jeunesse et des Sports se tient dans un contexte international particulièrement préoccupant, marqué par la montée de l’extrême droite, la multiplication des conflits et des guerres, et une remise en cause croissante des droits des femmes dans de nombreux pays. La France n’est pas épargnée par ces maux. Et ce contexte pèse sur le moral et la santé de nos collègues.
Nous ne développerons pas ces différents points ici.
Pour cette déclaration, nous souhaitons en revanche revenir sur quelques dates.
Commençons par le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
À l’occasion de cette journée, les mobilisations ont été une nouvelle fois un succès. Partout dans le pays, plus de 200 manifestations ont rassemblé des milliers de personnes, déterminées à défendre et faire progresser les droits des femmes.
Comme vous le savez, l’austérité budgétaire impacte particulièrement les femmes et les services publics. A chaque recul du service public, ce sont les femmes qui encaissent : leurs conditions de travail sont dégradées, leur charge mentale est augmentée, leur accès aux services publics de santé, d’éducation, de la petite enfance, … est plus difficile. Elles font face aux inégalités économiques, mais aussi aux violences sexistes et sexuelles. Et comme si ça ne suffisait pas, elles sont attaquées dans leurs droits : être malade, enceinte, ou assumer la parentalité devient ainsi un motif de sanction financière (cf. décote salariale de 10% en cas de congé maladie ordinaire y compris pour les femmes enceintes, projet de diminution des jours « enfant malade »). Cette politique constitue une violence sociale ciblée contre les femmes déjà surreprésentées dans les emplois les plus précaires, à temps partiel imposé, avec des carrières discontinues et des pensions amputées. (CP FSU du 03/02/26). Avec 7 autres organisations syndicales de la Fonction publique, la FSU a solennellement alerté la Ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations (Madame Aurore BERGÉ) ainsi que le Ministre de l’Action et des Comptes publics (Monsieur David AMIEL) sur les choix budgétaires et politiques actuels, qui organisent une régression sociale assumée, en particulier dans la fonction publique (courrier intersyndical du 02/03/26).
Poursuivons avec le 15 mars, date doublement connotée pour la ministre chargée des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative.
Le 15 mars 2026, la cérémonie de clôture des jeux d’hiver de Milan-Cortina mettait un terme à plus d’un mois de compétitions olympiques (du 06 au 22 février) puis paralympiques (du 06 au 15 mars), événement sur lequel la ministre Marina Ferrari était apparemment particulièrement mobilisée, compte-tenu de son « rôle clé » dans l’organisation des prochains jeux d’hiver en 2030 dans les Alpes Françaises (ce sont ces paroles). (article SNEP-FSU du 09/03/26)
Le 15 mars 2026, Marina Ferrari a été battue aux élections municipales, dès le premier tour. La ministre, qui est également députée de Savoie, ne cumulera donc pas une 3e fonction officielle, devant se contenter de la tête de file de l’opposition à la mairie d’Aix-les-Bains (Savoie).
Pour les personnels J&S, qui souffrent de l’absence de directives ministérielles et de feux verts budgétaires (EX : notes ANS pas publiées, crédits FDVA pas délégués, …) , ces événements du 15 mars leur permettent d’espérer que, désormais, la ministre va pouvoir pleinement se consacrer à son ministère et ses agent.es, afin qu’ils/elles soient en mesure de mettre en œuvre les politiques publiques Jeunesse et Sports pour le plus grand nombre, sur tous les territoires.
Rappelons en effet que les associations et les collectivités, fragilisées par le contexte budgétaire actuel, s’adressent aux services J&S pour obtenir des informations sur l’accompagnement et le soutien dont elles peuvent bénéficier, notamment au niveau financier. Or à ce jour, la plupart des campagnes de subventions pour la saison 2025/2026 ne sont pas lancées, et les personnels ne sont même pas en mesure d’annoncer ce qui pourra être financé (ou pas), ce qui les place dans une situation très inconfortable quand on les sollicite.
Enfin, nous ne pouvons pas conclure cette déclaration sans dénoncer, une nouvelle fois, le manque de reconnaissance de nos métiers, facteur de mal-être de nos collègues, qui se manifeste notamment par :
- le refus du guichet unique de la Fonction Publique de revaloriser nos métiers et de reconnaitre le parallélisme des corps propres J&S (PTP / IJS) avec ceux de l’Education Nationale (enseignant.e / IEN et IA-IPR)
- la volonté de nos directions métiers (DS et DJEPVA) de transformer le métier de personnel technique et pédagogique en celui de contrôleur/inspecteur/enquêteur
- l’impossibilité de se former pour beaucoup de collègues J&S, faute de moyens suffisants dédiés à la formation professionnelle des personnels J&S, incluant les frais de mission (déplacement, hébergement, restauration) pour participer aux stages du Plan National de Formation
- le manque de prise en compte des spécificités J&S dans les rectorats, aussi bien dans les actes de gestion RH que dans l’organisation du travail ou le décompte du temps de travail …
- le management toxique d’un certain nombre de chef.fes de service ou d’établissement
Cela fait déjà 5 ans que J&S a rejoint l’Education Nationale et que nous vous alertons sur les mêmes difficultés ! Il est grand temps que des solutions concrètes aux problèmes exposés soient trouvées, avec une réelle prise en compte des spécificités J&S. Les agent.es n’en peuvent plus d’être dans l’impossibilité d’exercer le métier qu’ils/elles ont choisi, souvent par passion ! Merci de votre attention.





