Contexte
Les jeunesses concentrent les tensions de notre époque : inégalités, santé, insertion sociale. Elles ne sont pas un problème à résoudre, mais le miroir de crises sociales.
Les réformes éducatives depuis 2017 ont transformé le système éducatif en remettant en cause, sans l’afficher publiquement, la volonté de démocratiser l’accès aux savoirs. Le système éducatif s’est orienté vers une adéquation aux besoins du capitalisme et de ses besoins d’emploi en rompant avec le projet de formation d’un·e citoyen·ne et d’accès à la culture commune. Cela passe entre autres par la baisse des horaires disciplinaires à travers de nombreuses réformes (collège, lycées), le tri scolaire (parcoursup, « groupes de niveaux », parcours en Y dans la voie professionnelle), le pilotage par les évaluations nationales et les tests (dont ceux de condition physique), le renforcement du financement des Écoles privées au détriment du public accentuant le séparatisme scolaire. D’un côté une École de base, des fondamentaux, utilitariste axée sur l’employabilité immédiate des jeunes, et une École privée sous contrat/hors contrat accessible seulement à celles et ceux qui en ont les moyens.
Les décisions budgétaires ont impacté le système éducatif : nombre d’élèves par classe très élevé, inclusion sans moyens à la hauteur, baisse de l’accès à la formation, non financement de dispositifs existants, non revalorisation, ces décisions mettent en tension les personnels qui souhaitent la réussite de tous.tes. Le projet de budget 2026 prévoit de nouvelles suppressions de postes sous couvert de la démographie, alors que depuis 2017 plus de 10 000 postes ont été supprimés pour autant d’élèves supplémentaires. Aucune mesure n’est envisagée pour remédier aux situations de nombreux établissements scolaires non classés en éducation prioritaire. Quant à la formation, les moyens qui lui sont alloués ont été fortement diminués et les conditions d’accès à la formation continue ont été empêchées.
Le système éducatif est de plus en plus piloté par des évaluations nationales et un management pédagogique qui vise à imposer contenus et manière d’enseigner, sous couvert d’une liberté pédagogique dévoyée (ex référentiels du baccalauréat). La profession est plus que jamais exposée à une perte de sens du métier devant une accumulation de réformes et une surprescription administrative chronophage (e-pack, SANTORIN, tests), quand les temps de travail en équipe EPS autour des contenus disciplinaires s’amenuisent. Par ailleurs, cette école utilitariste entraine aussi un changement des programmes et des finalités disciplinaires. Concernant l’EPS, l’accès à la culture est peu mis en avant, quand les enjeux de santé deviennent prédominants (APQ, 2 h de plus en collège, tests de condition physique). Sous couvert d’améliorer le bien-être et les apprentissages, le politique cherche à réduire le temps scolaire, notamment à travers la convention citoyenne. Le moins d’école creusera encore plus les inégalités concernant la pratique d’activités physiques sportives et artistiques et mettra nécessairement en concurrence les disciplines. La diminution du temps scolaire amène à plus ou moins long terme la question de l’externalisation de notre discipline l’Éducation physique et sportive.
Questions mises en débat
- Quelle organisation du temps scolaire et périscolaire souhaitons-nous et quelles politiques publiques de démocratisation du sport dans ce cadre ?
- Comment permettre l’accès à une culture commune de qualité en EPS ?
- Comment reconstruire du commun pour la profession ? Comment reconquérir des espaces de débats pédagogiques et reprendre la main sur notre métier ?
- Les objectifs de santé doivent-ils être développés en EPS, si oui à quelles conditions ?
- Comment construire une école de l’égalité (filles-garçons) notamment en EPS (APSA, barèmes, contenus…) ?
- Quelle place et quels moyens pour l’enseignement privé dans notre pays ?




