Contexte
La pratique physique et sportive est un enjeu majeur de santé publique et le révélateur d’inégalités importantes d’accès à la culture. En 2020, l’Anses montrait que 49 % des enfants présentaient un « risque sanitaire très élevé », défini comme le fait de passer plus de 4 h 30 par jour devant un écran et/ou de faire moins de 20 minutes d’activité physique. Le niveau de sédentarité est plus élevé chez les jeunes issus des milieux les moins favorisés.
Le sport, la culture et les loisirs, auxquels tous·tes les jeunes n’ont pas accès, sont des lieux de discrimination (Défenseure des droits- 2023). 71 % des enfants issus des ménages aux plus bas revenus ne sont inscrits dans aucune activité sportive, associative ou culturelle, contre seulement 38 % des enfants des familles les plus aisées (Source CREDOC 2023). Près de 5 millions d’enfants ne partent pas en vacances notamment pour des raisons financières.
La démocratisation du sport est un enjeu majeur mais elle n’est pas gage d’émancipation si on ne s’attaque pas aux inégalités de tous ordres : sociales, territoriales, racistes, religieuses, de handicap, de genre etc. 1 an et demi après le déroulement des jeux olympiques et paralympiques en France, force est de constater que les grandes ambitions d’héritage ont été sabordées : disparitions du pass sport pour les 6/13 ans, budget du ministère des sports raboté, changement des missions des CTS…
Permettre aux enfants et à la jeunesse d’entrer dans une activité sportive pour aller jusqu’au plus haut niveau de réalisation et de dépassement de soi constitue pourtant une dynamique humaine fondamentale.
Le sport de haute performance, de plus en plus marchandisé, les grands évènements sportifs, tels qu’ils sont organisés aujourd’hui, poussent à bout la logique de recherche de profits au détriment des populations et de l’environnement et participent d’un écocide.
Dans une période où la santé mentale n’a jamais été aussi dégradée chez les jeunes (selon le MJSVA et l’Étudiant 15 % des collégien·nes, 14 % des lycéenn·es et un tiers des étudiant·es présentent les signes d’une détresse psychologique), il est important que les politiques Jeunesse soient porteuses d’espoir. Essentielles pour accompagner les jeunes dans leur parcours et répondre à leurs aspirations, les politiques actuelles souffrent d’une multiplicité de dispositifs et d’une ouverture de plus en plus grande au secteur privé marchand.
Pour répondre aux besoins d’éducation, de culture, de santé, de lien social, d’égalité, d’environnement, les politiques sportives et de jeunesse doivent évoluer pour mieux servir l’intérêt général. Notre syndicalisme doit continuer à débattre, faire évoluer ses mandats et à en inscrire d’autres, afin d’agir sur des politiques porteuses de progrès sociaux.
Questions mises en débat
- Sport de masse, Sport de haut niveau et grands évènements sportifs internationaux (GESI) : quelles conditions/alternatives pour favoriser la démocratisation et l’émancipation ? (Infrastructures, accompagnement des jeunes jusqu’au haut niveau, bénévolat, solidarité financière).
- Comment renforcer la place et la visibilité des femmes dans le sport ? (Instances, médias, règlements sportifs, équipements, mesures salariales ou aménagement des carrières).
- L’accès aux loisirs, aux vacances, à la culture et à l’autonomie : quels rôle et place du service public pour réduire les inégalités ? (projets éducatifs pour les loisirs, centres de vacances, prise de responsabilités des jeunes, accompagnement à l’emploi et l’autonomie)




