Déclaration liminaire FSU au CSA MJS du 05/02/26

decla js

A la veille des JOP d’hiver de Milan Cortina, nous commençons notre déclaration en souhaitant pleine réussite à la délégation française. Nous avons une pensée particulière pour les athlètes et leur encadrement (dont nos collègues CTS font partie), mais aussi pour tous les autres personnels J&S qui contribuent, chacun·e à leur place et à leur niveau, à l’accompagnement des sportif·ves tout au long de leur carrière, dans leur double projet, avec une attention à leur santé physique et mentale, ce qui ne nous empêche pas, en tant que militant·es du SNEP-FSU, de porter un regard critique sur l’organisation des grands évènements sportifs internationaux (notamment en raison de leurs impacts écologiques et sociaux, mais pas seulement).

Cela fait plus de 6 mois que nous n’avons pas participé à un CSA MJS. Ces derniers mois, nous nous sommes mobilisé.es en intersyndicale J& pour dénoncer et contrer les menaces pesant sur les missions et les personnels J&S. Nous n’avons pas obtenu toutes les garanties demandées, et le probable départ de la ministre SJVA – Marina Ferrari est candidate aux élections municipales – est de nature à renforcer l’instabilité que nous dénonçons. Nous restons donc mobilisé.es pour que notre ministère reste un ministère d’intervention avec des personnels J&S conforté·es dans leurs statuts, leurs missions et leurs cadres d’intervention.

Pour autant, nous avons décidé de siéger à ce CSA MJS car, en complément des questions politiques sur l’avenir du ministère et de ses personnels que nous venons d’évoquer, nous souhaitons obtenir des réponses à certaines questions, mais aussi dénoncer vos pratiques en matière de dialogue social.

Pour commencer, en lien avec l’actualité budgétaire, nous dénonçons le fait que la question des « moyens » du ministère ne soit jamais mise à l’ordre du jour de nos CSA MJS, alors qu’un CSA MEN est consacré chaque année aux « moyens pour la rentrée » (EX : CSA MEN du 26/01/26). Avant notre arrivée à l’Education Nationale, nous avions au moins une présentation du budget J&S en CT MJS (généralement en fin d’année civile), avec notamment des indications sur l’évolution des moyens humains (postes) et les crédits d’intervention mobilisables pour mettre en oeuvre des politiques publiques J&S. Désormais, nous devons nous contenter de réponses de la DS et de la DJEPVA à nos déclarations liminaires. Ce n’est pas notre conception du dialogue social ! Quoi qu’il en soit, maintenant que le budget de l’Etat est stabilisé, quels sont les moyens (personnels et crédits) dont nous disposons pour mettre en oeuvre les politiques publiques J&S ?

En lien avec le point précédent, nous dénonçons la baisse de postes proposés aux lauréat·es des concours J&S 2026, qui nous ramène à la volumétrie de 2021. Permettront-ils au moins de compenser les départs en retraite ? Considérez-vous que les services et établissements du sport sont suffisamment dotés en personnels ? Pour rappel, il y a en moyenne 3 PTP sport + 3 PTP jeunesse + 1 IJS par SDJES, avec une répartition très inégale selon les territoires. Il y a 15 ans, ces chiffres ne correspondaient pas à une moyenne mais aux seuils en dessous desquels les services ne devaient pas descendre ! Ajoutons que nous ne sommes pas certain·es que tous les postes seront pourvus. D’ailleurs, quels sont les chiffres concernant le nombre d’inscrit·es et le nombre de présent·es aux écrits de l’admissibilité des concours de PTP JS et d’IJS 2026 ? Pour rappel, nous demandons depuis 2 ans un groupe de travail qui traite de l’attractivité et de l’accès aux métiers J&S, afin de renforcer le vivier des candidat·es aux concours. Nous souhaitons échanger avec vous à la fois sur des mesures qui permettraient de faire de la « publicité » sur nos métiers, par exemple dans les universités et dans le milieu fédéral (sport et éducation populaire), mais aussi sur une évaluation des besoins et une planification des formations DESJEPS à mettre en place pour renforcer le vivier des candidat·es et l’adéquation de leurs profils aux missions mais aussi aux exigences légales (EX : PTP sport amené·es à évoluer en environnement spécifique, au sens du Code du Sport. Il s’agit là de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, qui ne peut pas être traitée dans le cadre des LDG stratégiques, mais doit être abordée dans le cadre d’une vision politique de J&S et de ce qu’on attend des personnels J&S.

Toujours au sujet de l’agenda social, nous sommes en désaccord avec votre approche consistant à n’inscrire des thématiques ayant à terme un impact budgétaire que si celles-ci ont reçu un accord préalable du guichet unique (ministères fonction publique et finances). A l’instar de l’exemple que je viens de rappeler sur les métiers J&S, à mettre en perspective avec notre demande d’un travail autour de la masterisation des concours et la problématique des candidat·es venant de la filière JEPS, nous exigeons la réouverture de travaux sur les carrières des PTP JS (revalorisation et fluidification, mesures obtenues pour les enseignant·es) et des IJS (convergence entre les différents corps d’inspection). Votre refus est d’autant plus incompréhensible que la ministre SJVA a affirmé, en votre présence, le 16/10/25, qu’elle soutenait nos demandes de parallélisme avec les corps de l’Education Nationale et qu’elle pèserait le moment venu, lors des arbitrages. Il en est de même de notre demande pour que l’ensemble des personnels administratifs bénéficient des mesures de revalorisation salariale et des plans de requalification, quels que soient leur ministère de tutelle (EN/JS/ESR) et leur environnement de travail (services, établissements scolaires, établissements du sport, universités, autre). Pourquoi préférez-vous travailler dans l’urgence plutôt qu’anticiper pour être prêt·es lorsque le feu vert du guichet unique arrivera (ou pas !) ?

S’agissant des élections professionnelles 2026, sujet à l’ordre du jour de ce CSA MJS sur lequel nous reviendrons tout à l’heure, nous rappelons ici la dimension politique que revêt la cartographie des instances. Si nous nous satisfaisons évidemment du maintien d’un CSA ministériel J&S, le refus de mettre en place des déclinaisons territoriales correspondant au même périmètre prive les personnels J&S d’instances de dialogue social de proximité capables de prendre en charge leurs problématiques. Quelles que soient vos contraintes, le message que vous envoyez est clair : J&S restera invisibilisé !

Vous le voyez une nouvelle fois, nous n’envisageons pas le dialogue social comme des échanges sur des mesures techniques avec la DGRH, surtout que vous persistez à oublier la DE, la DS et la DJEPVA dans le projet d’agenda, mais bien comme des échanges politiques dont découlent des sujets de travail qui peuvent être techniques. D’où notre demande récurrente de participation de l’échelon politique (ministre ou cabinet) à nos travaux …

Merci de votre attention.

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