Développement de l’Education physique et sportive à l’école primaire, pour une meilleure mise en concordance des intentions et des actes

primaire

Monsieur le Ministre,

A l’heure où votre ministère élabore son plan de travail pour les années à venir, nous souhaitons vous faire part d’un certain nombre de problèmes concernant l’EPS à l’école primaire.Durant le quinquennat précédent, il y a eu de très nombreuses déclarations sur l’EPS, le sport à l’école ou encore « l’activité physique ». Toutes correspondaient au réel besoin de revaloriser cet aspect déterminant de l’éducation à l’école primaire pour le développement global des élèves et leur accès à la culture.

Or, nous ne pouvons que pointer les écarts énormes entre les intentions et les actes. En effet, durant le précédent quinquennat, la situation de l’EPS ne s’est jamais autant dégradée : avec la diminution sans précédent des horaires de formation initiale, avec la quasi-suppression de la formation continue ; avec la quasi-suppression des conseillers pédagogiques de circonscription qui – phagocytés par les formations de français et de mathématiques – ne peuvent plus assurer l’accompagnement des professeurs des écoles ; avec la fragilisation de l’USEP via la loi sur le sport.
Face à une telle dégradation, les dispositifs « Bouger 30 minutes », « Une école un club » ou « Générations 2024 » ne seront pas en mesure d’améliorer les choses. Par exemple, la contrainte du temps scolaire, cumulée à la pression sur les maths et le français est telle que la plupart des enseignant.es pensent que le « Bouger 30 minutes » remplace l’EPS obligatoire ! Continuer de mettre l’accent sur ce « Bouger 30 minutes », sans revaloriser la place de l’EPS au sein de l’Ecole et sans formation, sera à terme une véritable dégradation. De même, les dispositifs tels « Rouler à vélo » ou « Aisance aquatique » – qui ne font que remplacer des dispositifs antérieurs – ou les relations avec le mouvement sportif ne peuvent prendre de la consistance que s’ils sont liés à de la formation et à un encadrement de l’Education Nationale et non une délégation à des partenaires extérieurs.

L’enquête sur les « Ecoles vitaminées à l’EPS » que nos deux syndicats ont impulsée avec des chercheurs montre qu’il serait possible d’améliorer la situation de l’EPS et du sport scolaire à l’école primaire pour peu d’en avoir la volonté politique, avec en priorité :

  • Revaloriser l’EPS avec des déclarations qui permettent d’identifier clairement les enjeux de cette discipline à l’Ecole, qui ne peut se limiter ni à du « Bouger », ni à une succession d’intervention des clubs sportifs au sein de l’Ecole.
  • S’assurer que toutes les écoles aient des équipements adaptés (au sein de l’école ou proche de l’école)
  • Elever les horaires de formation initiale et redynamiser la formation continue Redonner explicitement une mission EPS aux Conseillers pédagogiques de circonscription EPS (avec un minimum de 50% d’EPS dans leur fonction et non un maximum – qui est en réalité beaucoup moins – comme c’est le cas ces dernières années), et revaloriser les missions des CPD (conseillers départementaux EPS).
  • Développer les rencontres sportives sur le temps scolaire, condition importante pour dynamiser l’EPS dans les écoles, avec l’aide de l’USEP et des CPC.

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’ensemble de nos propositions dans une brochure intitulée : « 20 mesures pour le développement de l’EPS, du sport scolaire et de l’activité physique », ainsi que du rapport sur les « Ecoles vitaminées à l’EPS », qui bousculent certaines idées reçues et dessinent certaines pistes de travail peu explorées jusqu’à présent.

Nous espérons que votre ministère sera à l’écoute de ces propositions et nous nous tenons à votre disposition pour les développer.


Voir aussi : Synthèse du rapport sur les Ecoles vitaminées

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

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