Par Lucile GRES
Sous la pression de forces ultra réactionnaires, le CIO vient de rétablir les tests génétiques censés prouver la « fémininité », pour les JOP de Los Angeles de 2028. Ces tests avaient pourtant disparu depuis 30 ans. L’objectif premier est bien de bannir les athlètes trans et intersexes. Il est aussi, bien entendu, encore et toujours, question de contrôler le corps des femmes, au nom d’une prétendue vérité biologique.
« L’admissibilité à toute épreuve féminine des Jeux olympiques est désormais réservée aux personnes de sexe biologique féminin », non-porteuses du gène SRY, a détaillé l’instance olympique dans un communiqué, après un vote « unanime » de sa commission exécutive. Le CIO va ainsi à l’encontre des données scientifiques qui s’accordent pour affirmer qu’il n’est démontré aucun « éventuel avantage de performance sportive » chez les athlètes porteuses du gêne1
Les normes conservatrices, font toujours peser un doute sur les femmes qui seraient « trop » musclées. Leur légitimité à participer aux épreuves féminines est souvent contestée. Pourtant, « Le sport cherche le hors norme et les caractéristiques exceptionnelles chez les hommes. Mais chez les femmes, ça dérange »2. Ainsi les « contrôles de genre », ont été imposés aux sportives depuis 1966. Les changements dans les critères de ces tests de féminité (les organes génitaux, la présence d’un deuxième chromosome X puis celle du Y, le taux de testostérone) ont montré les multiples dimensions du sexe biologique et la grande difficulté, voire l’impossibilité à déterminer le « vrai » sexe d’une personne.3
Le SNEP FSU s’insurge contre cette décision profondément discriminatoire, qui essaie d’imposer au monde une vision ultra-réactionnaire et masculiniste des rapports humains, en instaurant une « police du genre »4 destinée à maintenir les femmes sous des rapports de domination.
Ce choix indigne détourne des vrais problèmes tels que les disparités de traitement entre les femmes et les hommes dans le sport (pratiques naturalisantes, salaires, médiatisation, accès aux installations sportives, encadrement, instances dirigeantes, etc) et la lutte contre les Violences Sexuelles et Sexistes.
Le SNEP FSU regrette la prudence française, suite à l’annonce du CIO. Le CNOSF évoque des problèmes de mise en œuvre quand le Gouvernement se dit préoccupé et s’oppose à une généralisation de ces tests « qui soulève de nombreuses questions éthiques, juridiques et médicales, notamment au regard de la législation française en matière de bioéthique ».5
Pour le SNEP FSU, si ces tests sont interdits, par les lois bioéthiques et le code civil, ils sont aussi une grave atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité humaine. Ils sont l’expression d’un glissement toujours plus pressant, en matière de politique sportive vers des mesures ultra réactionnaires, renforçant l’exclusion, et le rejet des minorités.
Le SNEP FSU, dénonce le dérapage que prenne les instances sportives en cédant à des pressions ultra-conservatrices, dictées par le développement des idées d’extrême droite. Le SNEP FSU condamne le retour aux tests de féminité et appelle la communauté sportive à faire pression sur le CIO pour qu’il revienne sur sa décision. Engagé dans la lutte contre l’extrême droite et toutes ses composantes, le SNEP FSU, continuera à se battre pour que le droit à l’autodétermination soit respecté.
- British Journal of Sports Medicine. [↩]
- Anaïs Bohuon dans Mediapart [↩]
- Bohuon A., 2012, Le Test de féminité dans les compétitions sportives. Une histoire classée X ?, Paris, Éditions iXe. [↩]
- Communiqué d’une centaine d’associations de défense des droits dans le sport. Source : Journal l’Humanité. [↩]
- Déclaration de Marina Ferrari, Ministre des Sports. [↩]





