Par Émilie JANKOWIAK
8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes en solidarité avec les femmes du monde entier.
Cette journée, issue de l’histoire des luttes féministes menées sur les continents européen et américain au début du XXème siècle, a été officialisée par la Russie soviétique en 1921. L’actualité et les enjeux géopolitiques actuels nous rappellent à quel point les équilibres sont fragiles et combien les droits qui y sont associés le sont tout autant. Partout dans le monde, les droits des femmes sont attaqués, au sein des régimes autoritaires mais aussi dans les démocraties où les idées d’extrême droite gangrènent les esprits, font monter la violence, nourrissent la haine de l’autre, les idéologies réactionnaires et masculinistes. Les inégalités de genre sont construites socialement et sont le fruit d’un double système d’exploitation (capitalisme) et de domination (patriarcat).
En Iran, la répression contre les femmes et celles et ceux qui défendent leurs droits se durcit. Elle s’intensifie. Les mort·es se comptent par milliers : réclamer l’égalité ou protester tue.
En France, les discours officiels sur l’égalité femmes-hommes sonnent creux. Dix jours après avoir été filmée insultant des militantes féministes en les traitant de « sales connes », la Première dame présente à demi-mots des excuses tardives. Cette séquence révèle une réalité brutale : on instrumentalise l’égalité, on la proclame, mais on ne la défend pas, et parfois on la piétine.
Par ailleurs, partout où l’extrême droite est au pouvoir (Italie, Hongrie, Slovaquie, Pologne…), les droits des femmes, des personnes LGBTQIA+ et des personnes immigrées reculent en premier lieu.
Alors qu’en France se profile une période électorale déterminante (scrutins municipaux, élection présidentielle…), les combats à mener ne peuvent souffrir d’aucune approximation, les analyses doivent éclairer les esprits. Le Haut Conseil à l’Égalité vient de publier son dernier rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France. En France, 17 % des personnes de 15 ans et plus, soit 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile.
Partout dans le monde, les vies des femmes sont des champs de bataille. Nous devons lutter ensemble pour transformer le réel et construire plus d’égalité. Nous devons lutter contre celles et ceux qui s’opposent aux avancées sociales et progressistes. Dans une véritable démocratie, les droits des femmes doivent être reconnus à leur juste place. Ce n’est pas un combat de femmes, mais bien un projet émancipateur de société visant à abolir les injustices.
En France, 211 milliards d’euros d’aides ont été versés aux entreprises en 2023. Le budget global de l’action de l’État explicitement en faveur de l’égalité femmes-hommes, additionnant les crédits de l’ensemble des ministères concernés, représentait moins de 6 milliards d’euros en 2025, soit seulement 1,28 % du budget général de l’État (source : Oxfam France).
Le budget 2026 imposé par le gouvernement Lecornu 2 dans l’hémicycle aurait dû y consacrer une augmentation nette s’il voulait réellement passer des déclarations à l’action.
Le 8 mars, la mobilisation féministe qui emmènera dans son sillage le plus grand nombre luttera pour :
- La réduction des inégalités économiques, notamment dans la fonction publique, où les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes (postes moins payés davantage occupés par des femmes, temps de travail réduit, indemnités plus souvent attribuées aux hommes, etc.).
- Une loi-cadre pour en finir avec les violences sexuelles et sexistes, ainsi que la mise en place effective du programme EVARS dans tous les établissements scolaires, indispensable à l’éducation des plus jeunes. Les hommes et les femmes de demain sont les enfants d’aujourd’hui.
- Des solutions concrètes pour que la santé physique et la souffrance psychique des femmes au travail soient reconnues et prises en compte dans toutes leurs dimensions, incluant notamment l’abrogation des 10 % d’indemnisation en moins lors des 3 premiers mois de congé maladie ordinaire.
- Une meilleure articulation entre temps professionnels et personnels, car, quoi qu’on en dise, les femmes continuent d’assumer l’essentiel des tâches domestiques, souvent invisibilisées et dévalorisées.
Dans le cadre de cette journée internationale, le 8 mars, nous ne reculerons pas car nos droits sont notre combat, en solidarité avec les femmes du monde entier. Mobilisons-nous, des rassemblements sont organisés partout sur le territoire.





