Par Benoît HUBERT
Une année 2026 qui débute sans budget
Après l’échec de la commission mixte paritaire (7 député·es et 7 sénateur·rices) réunie faute d’accords entre les deux assemblées concernant le projet de loi de finances 2026, nous finissons l’année 2025 sans budget pour 2026. Une loi spéciale a donc été édictée à l’unanimité pour permettre la collecte de l’impôt, la continuité des services publics, le traitement des agent·es et le versement des prestations sociales. Cette loi spéciale repose sur la simple reconduction des crédits de l’année précédente sur les aspects précités. Les discussions et débats budgétaires sont donc reconduits en janvier pour trouver des accords.
Sans budget, les impacts dans différents secteurs sont lourds, comme notamment les nouveaux concours de recrutements des enseignant·es. Avec la réforme de la formation des enseignant·es, deux concours devraient transitoirement être ouverts, un en L3 et le second en master. 88 000 candidat·es tout concours confondus étaient attendu·es pour le concours L3 pour 7 900 stagiaires, or, faute de budget, il est, pour l’heure, impossible de les organiser alors qu’ils devraient se dérouler en mars… Toutes les réformes seront donc bloquées comme celle qui visait aussi à améliorer les carrières des enseignant·es. Les positions partisanes sur la partie recette, le refus de taxer davantage les plus riches, les plus grandes entreprises pour les uns et l’allègement des mesures impactant les plus modestes pour les autres ont conduit à des fractures et désaccords entre le Sénat à majorité de droite et l’Assemblée nationale.
Le gouvernement table toujours sur la possibilité d’un consensus lors de la reprise des travaux et dit se refuser à employer l’article 49.3 de la constitution, mais il est fort probable que son recours finisse par être inévitable faisant courir le risque d’une nouvelle censure. Ce serait donc in fine la copie du gouvernement qui s’imposerait sans débat avec son lot de régressions sociales, d’atteintes à la Fonction publique et à ses agent·es. Gageons qu’en cette nouvelle année nos parlementaires se préoccupent moins de leurs positions, des échéances électorales et travaillent effectivement à représenter les intérêts de la population dont les inégalités et la pauvreté progressent à vue d’œil.





