Développer l’EPS et le sport scolaire à l’école, Blanquer choisit le low-cost !

Le SNEP se félicite que le ministère reconnaisse la nécessité de développer la pratique physique dès le plus jeune âge. C’est bien un enjeu de taille, affirmé par deux textes ministériels, le 12 janvier avec deux circulaires « 30 mn d’activité physique quotidienne » et « Une école, un club ».

Mais ces circulaires ne sont que de la « comm », les choix politiques d’E. Macron n’ont fait qu’affaiblir l’EPS dans le premier degré : réforme de la formation initiale qui a réduit des 2/3 le temps consacré à l’EPS, suppression progressive des conseillers pédagogiques EPS dans le primaire, choix exclusif des maths et du français dans les fondamentaux… Alors pour faire bonne figure, sous la pression de la médiatisation des futurs JOP 2024, le ministère choisit une opération de communication à bas coût (le coût étant limité au financement de la communication justement), semant le trouble, et avec des mesures potentiellement dangereuses.

30 mn par jour !

Depuis sa mise en place, Le ministère parle d’engouement avec 7000 écoles concernées… sur 44000 écoles primaire, c’est donc 15,9% … plutôt léger comme engouement !  Et ce n’est pas le petit kit de matériel étiqueté « Décathlon » qui va rassurer les enseignant.es ! Belle publicité pour le privé ! Les professeurs des écoles préfèrent l’EPS plutôt que le gigotage et ils-elles ont raison ! En tous cas, ces annonces donnent du crédit à notre demande de 4h d’EPS sur toute la scolarité est une revendication réaliste. Mais la volonté de ne pas dépenser un centime de plus pour l’Ecole quand des milliards le sont pour les entreprises privées montre la nature profonde du gouvernement.

Une École, un club

Le ministère souhaite des partenariats, il s’y prend de la plus mauvaise manière. En ressortant de vieilles ficelles déjà utilisées dans les années 70 et relookées régulièrement depuis. Le fait même de ressortir l’objectif aujourd’hui montre que ça ne marche pas. Des partenariats ne sont possibles et prennent tout leur sens que si l’École a les moyens de bien faire son travail, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Dans l’état actuel des choses, la circulaire se borne à encourager « en lien avec les fédérations scolaires signataires, la création de passerelles entre le monde scolaire et le monde sportif. »

Quant aux moyens réels, ces partenariats seront « susceptibles de bénéficier d’un financement via les dispositifs de l’Agence nationale du sport ».

Un autre projet est nécessaire !

Avec une toute autre ambition, le SNEP vient de réaliser un rapport avec le SNUipp, sur la base d’une enquête menée avec des formateurs et formatrices et des chercheur-euses, qui analyse les conditions à remplir pour faire une EPS de qualité. C’est la première des nécessités aujourd’hui. La deuxième étape consisterait à renforcer les moyens : développement des équipements à proximité des Ecole, refonte de la formation des enseignant-es, augmentation de l’horaire actuel pour que chaque élève puisse bénéficier de 4h par semaine d’EPS. Rajoutons à cela le développement du sport scolaire via l’USEP, et nous aurons les bases pour une amélioration significative du niveau d’activité physique des élèves.

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